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zoomavant.com > Dossiers > Festival de Cannes 2001 > Chroniques > 20 mai 2001
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Cannes 2001 mai

Chronique d'un succès annoncé

Nanni MorettiEn couronnant "La chambre du fils" de Nanni Moretti, le jury présidé par la norvégienne Liv Ullmann a salué un auteur indépendant et confirmé l'accueil fait à ce film par les festivaliers et le public italien.

Une consécration qui n'est pas sans rappeler celle de l'an dernier ("Dancer in the Dark" de Lars Von Trier), où le favori officiel obtient sans grande surprise le prix.

La promotion grande pompe et de surcroit en direct est ainsi assurée : "la Chambre du fils" est déjà dans les salles depuis vendredi et a d'ores et déjà rencontré son public.

Tout partageant l'hommage rendu à Isabelle Huppert (prix d'interprétation féminine), les commentaires sont plus mitigés sur le fait d'accorder une triple récompense à "La pianiste".

Le coup de chapeau au film de Michael Haneke est d'autant plus étrange qu'il contrevient à la réglementation édictée par Gilles Jacob en 1999, prohibant l'attribution de deux récompenses au même film.

Haneke peut être en tout point satisfait de la volte-face du festival.

En adaptant un roman d'Elfriede Jelinek, il rompt avec tous les réflexes moralistes de ses films précédents ("Code Inconnu") pour trouver une nouvelle jeunesse dans un cinéma dérangeant.

La surestimation de "La pianiste" et l'absence de la plupart des oeuvres majeures de la sélection (Jacques Rivette, Manoel de Oliviera, Jean-Luc Godard) mettent en évidence le problème de la composition du jury.

Les échos perceptibles de leurs délibérations comme la liste des lauréats confirme un vrai problème dans la désignation des juges de la compétition.

Le reste des films en compétition s'en est nettement moins bien sorti.

Les Américains et les Asiatiques ont partagés leurs prix : prix de la mise en scène sans surprise pour Joel Coen ("L'homme qui n'était pas là", "The Man ho Wasn't There") et David Lynch (sublime "Mulholland Drive").

Le prix du jury technique à l'ingénieur du son Du Tuu-chih pour "Là-bas quelle heure est-il ?" de Tsai Ming-liang ainsi que pour "Millenium Mambo" de Hou Hsiao-Hsien, est en tout point mérité au regard du méticuleux et magnifique travail sur le son dans les deux films.

Mais par le même occasion ce prix minimise les qualités intrinsèques des films , et particulièrement celui de Hou Hsiao-Hsien.

Les films français repartent bredouilles, à commencer par le dernier Jacques Rivette, qui avec "Va savoir" pouvait raisonnablement espérer un prix.

Même constat pour les films franco-suisses ("la Chambre des officiers" de Dupeyron, "Eloge de l'amour" de Jean-Luc Godard .) qui sont repartis bredouilles.

Un constat amer qui ne doit cependant pas occulter la célébration tous azimuts de la France et de son système de coproduction pour le moins efficace.

La France produit aujourd'hui de véritables auteurs, avec une vraie personnalité, à l'instar de David Lynch ou Hou Hsiao-Hsien. Mais ces réjouissances, cette multiplicité, ne doit en aucun cas faire oublier que le pouvoir décisionnaire se trouve hélas encore trop concentré entre les mains de quelques producteurs éminents.

- @ir-V Trocc@z -

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