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mai
Chronique
d'un succès annoncé
En
couronnant "La
chambre du fils" de Nanni Moretti, le jury
présidé par la norvégienne Liv Ullmann
a salué un auteur indépendant et confirmé l'accueil
fait à ce film par les festivaliers et le public
italien.
Une
consécration qui n'est pas sans rappeler celle
de l'an dernier ("Dancer in the Dark"
de Lars Von Trier), où le favori officiel obtient
sans grande surprise le prix.
La promotion grande pompe et de surcroit en direct
est ainsi assurée : "la
Chambre du fils" est déjà dans les salles
depuis vendredi et a d'ores et déjà rencontré
son public.
Tout
partageant l'hommage rendu à Isabelle Huppert
(prix d'interprétation féminine), les commentaires
sont plus mitigés sur le fait d'accorder une triple
récompense à "La
pianiste".
Le coup de chapeau au film de Michael Haneke est
d'autant plus étrange qu'il contrevient à la réglementation
édictée par Gilles Jacob en 1999, prohibant l'attribution
de deux récompenses au même film.
Haneke peut être en tout point satisfait de la
volte-face du festival.
En adaptant un roman d'Elfriede Jelinek, il rompt
avec tous les réflexes moralistes de ses films
précédents ("Code Inconnu") pour trouver
une nouvelle jeunesse dans un cinéma dérangeant.
La
surestimation de "La
pianiste" et l'absence de la plupart
des oeuvres majeures de la sélection (Jacques
Rivette, Manoel de Oliviera, Jean-Luc Godard)
mettent en évidence le problème de la composition
du jury.
Les échos perceptibles de leurs délibérations
comme la liste des lauréats confirme un vrai problème
dans la désignation des juges de la compétition.
Le
reste des films en compétition s'en est nettement
moins bien sorti.
Les
Américains et les Asiatiques ont partagés leurs
prix : prix de la mise en scène sans surprise
pour Joel Coen ("L'homme
qui n'était pas là", "The Man ho Wasn't
There") et David Lynch (sublime "Mulholland
Drive").
Le
prix du jury technique à l'ingénieur du son Du
Tuu-chih pour "Là-bas
quelle heure est-il ?" de Tsai Ming-liang
ainsi que pour "Millenium
Mambo" de Hou Hsiao-Hsien, est en tout
point mérité au regard du méticuleux et magnifique
travail sur le son dans les deux films.
Mais par le même occasion ce prix minimise les
qualités intrinsèques des films , et particulièrement
celui de Hou Hsiao-Hsien.
Les
films français repartent bredouilles, à commencer
par le dernier Jacques Rivette, qui avec "Va
savoir" pouvait raisonnablement espérer un
prix.
Même
constat pour les films franco-suisses ("la
Chambre des officiers" de Dupeyron, "Eloge
de l'amour" de Jean-Luc Godard .) qui sont
repartis bredouilles.
Un
constat amer qui ne doit cependant pas occulter
la célébration tous azimuts de la France et de
son système de coproduction pour le moins efficace.
La
France produit aujourd'hui de véritables auteurs,
avec une vraie personnalité, à l'instar de David
Lynch ou Hou Hsiao-Hsien. Mais ces réjouissances,
cette multiplicité, ne doit en aucun cas faire
oublier que le pouvoir décisionnaire se trouve
hélas encore trop concentré entre les mains de
quelques producteurs éminents.
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@ir-V Trocc@z -
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