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JE
PENSE DONC JE FUIS @@@
Mamoru
Oshii s'est fait une réputation internationale
(on le sait vénéré par James Cameron ou
par les frères Wachowski, réalisateurs
de "Matrix") avec les sommets
du film d'animation que sont "Patlabor
2" et "Ghost in the Shell".
Et même s'il signe ici un film live tourné
en Pologne avec acteurs et techniciens locaux,
les habitués du cinéaste ne devraient pas
se sentir trop dépaysés.
L'actrice Malgorzata Foremniak est la troublante
incarnation physique de la major Kusanagi
de "Ghost in the Shell",
les scènes de foules rappellent l'univers
de Jin-Roh et la musique est toujours signée
Kenji Kawai, ce dont on ne risque pas de
se plaindre puisqu'elle est absolument sublime.
Les familiarités avec l'univers cybernétique
de "Ghost in the Shell"
transparaissent jusque dans le générique
d'ouverture (les crédits se forment à partir
d'un code informatique).
L'esthétique
manga est donc retranscrite avec un bonheur
certain et s'harmonise parfaitement avec
l'autre atmosphère dominante du film, à
savoir le jeu vidéo et la réalité virtuelle.
Le
traitement sépia de l'image (ainsi que les
diverses retouches numériques) peut être
assez pénible et fatiguant pour le spectateur
mal réveillé, mais tout s'éclaire (au sens
propre du terme) lors de la dernière partie
du film, où on passe autant de temps à réfléchir
(mises en abîme énigmatiques) qu'à simplement
ressentir le film.
A cet égard, la scène (presque) finale du
récital devrait laisser un souvenir notable
dans la tête du spectateur.
On
comprend alors mieux l'opportunité de faire
d'"Avalon" plus qu'un "simple"
film d'animation, car ce type d'émotions
ou ces multiplications de dimensions parallèles
n'auraient alors sûrement pas eu autant
d'impact.
Seule
réserve : il vaut mieux être sérieusement
familiarisé avec l'univers des jeux vidéo
ou des réseaux informatiques pour apprécier
à leur juste valeur toutes les subtilités
et richesses d'"Avalon"
(oui parce qu'en plus il y a une allégorie
de la geste arthurienne, figurez-vous),
sans quoi le "trip" risque d'être sacrément
soporifique.
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L@urent C@mite -
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