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Cannes 2001

 
 


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Production : Deiz
Réalisation : Mamoru Oshii ("Ghost in the shell")
Scénario : Kazunori Ito
Montage : Hiroshi Okuda
Photo : Grzegorz Kedzierski
Décors : Takashi Watabe
Costumes : Magdalena Testawska
Son : Kazuhiro Wakabayashi et Randy Thom
Musique : Kenji Kawai
Durée : 1h46

 

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Rhys Ifans (Puff)
Ash (Malgorzata Foremniak)
Wladyslaw Kowalski (le maître du jeu)
Jerzy Gudejko (Murphy)
Dariusz Biskupski (Bishop)
Bartek Swiderski (Stunner)

 

 

Avalon

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Dans un futur et un pays indéterminé, le prolétariat fréquente les soupes populaires et tente de survivre en amassant des crédits dans un jeu illégal de réalité virtuelle nommé Avalon.

Parmi les participant(e)s, Ash est l'une des meilleur(e)s, à tel point qu'elle se met en tête d'accéder au niveau secret et interdit du jeu, qui n'existe peut-être même pas puisqu'il s'agit d'une rumeur.

Mais dans le monde virtuel, les joueurs peuvent mourir réellement. Et puis d'ailleurs, qu'est-ce qui est virtuel, qu'est-ce qui est réel ? Les choses sont-elles ce qu'elles paraissent ?

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Fan de jeux vidéo, le réalisateur de "Ghost in the shell" eut l'idée un jour de développer une histoire liée aux mondes virtuels.

Pendant longtemps le réalisateur Oshii a envisagé de filmer un héros masculin avant de décider finalement que le personnage principal d'"Avalon" serait une femme. Seul problème, Malgorzata Foremniak (très populaire en Pologne), qui incarne Ash, est blonde, alors que le cinéaste désire une actrice aux cheveux sombres pour coller à l'atmosphère lourde de son film. Malgorzata fut donc coiffée d'une perruque noire tout au long du tournage.

Mamoru Oshii retrouve ici son compositeur attitré Kenji Kawai. Le duo qui s'était rencontré en 1987, pour le premier film en prises de vue réelles de Mamoru Oshii, "Lunettes rouges" ("Jigoku no banken: akai megane"). A l'instar de "Ghost in the Shell", "Avalon" est illustré avec une partition classique faisant la part belle aux choeurs.

Le réalisateur a eu souvent recours à l'informatique : les images d'"Avalon" sont retouchées à plus de 80% par ordinateur. Cette post-production fut effectuée au Japon. Le visage de l'héroïne Ash a été retravaillé afin de contôler le moindre clignement d'oeil.

Toujours d'un point de vue technique, "Avalon" est le premier film japonais à utiliser le système sonore Dolby Digital EX Format 6.1.

Un système développé pour les besoins de "Star wars : épisode 1 - La Menace fantôme" ("Star wars : episode I - The Phantom menace"), le 6.1 utilise les 5 canaux habituels auquel s'ajoute un sixième canal situé au centre arrière. Résultat : une spatialisation du son encore plus forte.

Admirateur du cinéma polonais, le réalisateur Mamoru Oshii trouva en Pologne l'atmosphère sombre idéale pour son film. Techniciens et acteurs sont d'origine polonaise et le film tourné dans les environs de la ville de Wroclaw.

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JE PENSE DONC JE FUIS @@@

Avalon de Mamoru OshiiMamoru Oshii s'est fait une réputation internationale (on le sait vénéré par James Cameron ou par les frères Wachowski, réalisateurs de "Matrix") avec les sommets du film d'animation que sont "Patlabor 2" et "Ghost in the Shell".

Et même s'il signe ici un film live tourné en Pologne avec acteurs et techniciens locaux, les habitués du cinéaste ne devraient pas se sentir trop dépaysés.

L'actrice Malgorzata Foremniak est la troublante incarnation physique de la major Kusanagi de "Ghost in the Shell", les scènes de foules rappellent l'univers de Jin-Roh et la musique est toujours signée Kenji Kawai, ce dont on ne risque pas de se plaindre puisqu'elle est absolument sublime. Les familiarités avec l'univers cybernétique de "Ghost in the Shell" transparaissent jusque dans le générique d'ouverture (les crédits se forment à partir d'un code informatique).

L'esthétique manga est donc retranscrite avec un bonheur certain et s'harmonise parfaitement avec l'autre atmosphère dominante du film, à savoir le jeu vidéo et la réalité virtuelle.

Le traitement sépia de l'image (ainsi que les diverses retouches numériques) peut être assez pénible et fatiguant pour le spectateur mal réveillé, mais tout s'éclaire (au sens propre du terme) lors de la dernière partie du film, où on passe autant de temps à réfléchir (mises en abîme énigmatiques) qu'à simplement ressentir le film.

A cet égard, la scène (presque) finale du récital devrait laisser un souvenir notable dans la tête du spectateur.

On comprend alors mieux l'opportunité de faire d'"Avalon" plus qu'un "simple" film d'animation, car ce type d'émotions ou ces multiplications de dimensions parallèles n'auraient alors sûrement pas eu autant d'impact.

Seule réserve : il vaut mieux être sérieusement familiarisé avec l'univers des jeux vidéo ou des réseaux informatiques pour apprécier à leur juste valeur toutes les subtilités et richesses d'"Avalon" (oui parce qu'en plus il y a une allégorie de la geste arthurienne, figurez-vous), sans quoi le "trip" risque d'être sacrément soporifique.

- L@urent C@mite -

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