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Babylone, tu déconnes. Milo Thatch est cartographe,
mais comme il est jeune, empoté et qu'il prétend démontrer
l'existence de la mythique cité d'Atlantis, personne
ne le prend très au sérieux. Personne sauf Preston Whitmore,
millionnaire excentrique qui a connu son grand père
et lui a promis de découvrir la cité engloutie. Ni une
ni deux, Thatch part en expédition dans un sous-marin
high-tech accompagné d'un équipage de mercenaires plus
caricaturaux les uns que les autres.
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Mythe ou réalité ? Continent
virginal ou cité maudite enfouie sous les eaux à, le
destin de l'Atlantide fascine l'homme depuis l'Antiquité.
Le philosophe grec Platon ("L'apologie de Socrate")
fut le premier à rapporter l'histoire de l'Atlantide
dans deux de ses dialogues : le Timée et le Cristias.
Au fil des siècles, diverses théories ont situé l'Atlantide
au milieu de l'Atlantique, en Islande, dans le Caucase,
au Bénin ou encore en Crète. Rien que çà.
Plus récemmment, en 1882 précisément,
Ignatius Donnelly publie Le Monde antédiluvien
qui devient une bible pour tous ceux qui veulent croire
à l'existence de l'Atlantide. Selon ce dernier, la citée
engloutie est le berceau de notre civilisation. Depuis,
le mythe n'a cessé d'inspirer de nombreux auteurs
tels que Jules Verne, Arthur Conan Doyle ou encore H.G.
Wells. En ce qui concerne l'idée d'un film à
proprement parlé, il faur remonter à 1992.
A l'automne 1996, le projet est confié au duo de réalisateur
Gary Trousdale-Kirk Wise, qui vient de signer Le Bossu
de Notre-Dame (The Hunchback of Notre-Dame), hit planétaire.
L'animation proprement dite débute en 1997. Près
de 350 artistes, animateurs et techniciens sont réquisitionnés
pour le projet, en Californie et à Paris. De mai 1999
à novembre 2000, les membres du Walt Disney feature
animation France ont peint 213 des 1392 décors du
film. De plus, le personnage d'Helga Sinclair a été
totalement créé et supervisé, toujours à Paris, par
Yoshimichi Tamura.
Et le projet apparait très vite
ambitieux : avec plus d'une dizaine de rôles principaux,
Atlantide, l'empire perdu (Atlantis, the lost empire)
est l'un des films Disney où apparaissent le plus de
personnages. Les effets spéciaux du film ont, pour leurs
parts, nécessité l'élaboration de 362 plans à effets
numériques, mobilisant une équipe de 22 spécialistes
de l'animation par ordinateur. Rien que çà.
Bref, entre l'idée d'origine et la sortie en
salle, près de nuf ans se sont écoulés.
Les
animateurs ont ajouté une difficulté supplémentaire
en réalisant un film
au format Cinémascope. Plus large de 30% par rapport
à un écran traditionnel, il permet une vision panoramique
plus importante et met les décors en valeur.Avant Atlantide,
on compte très peu de films en Scope : La Belle
et le Clochard (Lady and the Tramp), La Belle au bois
dormant et 1001 Pattes (A Bug's Life). Ne reculant devant
aucune difficulté, les réalisateurs n'ont
pas hésité à imaginer une nouvelle
langue de A à Z pour les besoins du film. Une tâche
confiée au linguiste Marc Okrand, créateur de la langue
vulcain dans Star Trek 2: la colère de Khan (Star Trek
2). Marc Okrand s'est basé sur les langues indo-européennes
pour fabriquer un alphabet de 29 lettres et de 10 allant
de 0 à 9.
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ATLANTIDE,
LE PIRE PERDURE @
Depuis
Platon (dont une citation ouvre le film), l'Atlantide
n'a jamais rien donné de très probant sur le plan scientifique
comme sur le plan artistique. On peut s'étonner que
ce mythe pourtant riche de fantasmes historiques n'ait
jamais inspiré de manière très heureuse le cinéma, et
ce n'est pas ce dernier né des studios Disney qui changera
la donne. L'animation et les graphismes laissent dubitatif.
En
comparaison, la vision de la récente édition DVD de
Blanche Neige et les Sept Nains (film qui date quand
même de 1937), donnerait presque l'impression qu'on
a régressé techniquement depuis. L'esthétique du film
accouche ainsi d'une Atlantide qui ressemble vaguement
à une vieille cité aztèque, et les atlantes parlent
anglais couramment par un miracle linguistique comme
seuls les scénaristes Disney peuvent oser l'imaginer.
Les
raccourcis de ce genre semblent d'ailleurs avoir été
érigés en cahier des charges par les pontes de la production
: un livre donne l'emplacement précis de la cité, un
sous-marin y va en dix minutes et les atlantes accueillent
les visiteurs à bras ouverts. La suite ne s'embarrasse
pas non plus de subtilités (les méchants qui ne pensent
qu'à leur profit personnel contre les gentils humanistes),
on cherchera plutôt du côté des jeux vidéo et de Indiana
Jones and the fate of Atlantis, passionnante enquête
archéologique et ludique, pour trouver quelque chose
de consistant inspiré par l'Atlantide. Pas de quoi s'emballer
au sujet du nouveau Disney, donc, mais les enfants y
trouveront leur compte grâce à un humour omniprésent
et les adultes (qui les accompagnent) ne risquent pas
d'être horripilés par les "jolies" chansons habituelles,
car au moins Atlantide est construit comme un véritable
film d'aventures. Pas de statues ou de chaises se mettant
à danser et chanter au beau milieu d'une conversation,
c'est toujours ça de sauvé.
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L@urent C@mite - |