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Gans
avec les loups @@

- Une
société gangréneuse, oû les soirées donnent lieu à des
réunions qui ne sont pas sans rappeler celles du Ku-Klux-Klan.
An
de Grâce 1766. Une terreur s'abat dans une province française:
c'est la bête, dit-on, qui a causé la mort de 145 pauvres
hères, la bête du Gévaudan.
Est-elle
réelle, mythique, virtuelle?
La rumeur se répand jusqu'à la capitale. Le Roi envoie alors
le chevalier Grégoire de Fronsac pour élucider ce mystère.
Très
vite, Fronsac baigne dans l'ambiance glauque de cette contrée:
une société gangréneuse, oû les soirées donnent lieu à des
réunions qui ne sont pas sans rappeler celles du Ku-Klux-Klan.
Une
société en crise, scindée entre l'aristocratie et le peuple.
- Un
film hybride: toutes les frontières sont ici abolies,
les règles bouleversées
En
total contraste avec cette peinture d'une société divisée,
Christophe Gans a réalisé un film hybride. Toutes les frontières
sont ici abolies, les règles bouleversées:
Plus de frontières entre les genres cinématographiques:
alternance de scènes intimistes et de combats, costumes
d'époque ...
Plus
de frontières entre les acteurs, grâce à
un casting international et multi-générationnel: les Belges
Emilie Duquenne et Jérémie Rénier, l'Italienne Monica Belluci,
les Français Vincent Cassel et Samuel Le Bihan donnent la
réplique à Jean Yanne ou encore Bernard Farcy.
Plus de frontières entre les pays : les héros pratiquent
des arts martiaux exotiques, le frère d'armes de
Fronsac est un Indien.
Plus
de frontières dans le temps: le passé et le présent
se rejoignent: paysages servis par la technologie du troisième
millénaire, présence de kung-fu .
Et
les acteurs prolongent ce voyage du spectateur aux confins
de la réalité. Plus de ligne de fracture nette et distincte
entre le bien et le mal, grâce aux acteurs caméléons ou
transformistes: Cassel, formidable d'ambiguïté, Le Bihan
aussi à l'aise dans les scènes d'action que pour
faire la cour à une jeune femme.
-
Un melting-pot audacieux mais inégal.
Ce
melting-pot des genres, Christophe Gans le filme avec une
virtuosité certaine. Pour ce qui est des fouettements
de jambes, les amateurs seront servis.
Surdoué de l'image, Gans use des travellings, des effets
de caméra pour inclure des combats inédits dans le
paysage cinématographique français:des duels
et bagarres, avec cape mais sans épée.
Des
combats flamboyants, qui viennent parfaire la notion d'un
monde morcelé, puisque les duels sont toujours filmés
en deux temps: accélération du mouvement puis ralenti avant
le coup final. Un rythme semble décupler la force
des héros. Un tempo qui marque les clivages entre
noblesse et le peuple, entre ceux qui savent manier les
armes et les autres.
Seul
bémol: l'intrigue. Après une première partie oû le réalisateur
suggérait la présence de la bête, celle-ci fait trop vite
son apparition:la tension retombe malgré une pirouette scénaristique
habile.
Audacieux
mais inégal mélange des genres, "Le Pacte
des loups" ouvre de nouveaux horizons pour le cinéma français.
Un cinéma qui se nourrit d'influences multiples (les oiseaux
qui s'envolent ne sont pas sans rappeler les colombes de
John Woo), pour imposer finalement son propre style. Un
film annonciateur d'expérimentations plus personnelles
que ce film de commande.
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@ir-V Trocc@z -
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