Film
? Documentaire ?
"Le peuple migrateur" échappe à toute classification et se situe
à mi-chemin entre les deux genres cinématographiques.
Même si Jacques Perrin refuse les catégorisations, on pourrait
qualifier "Le peuple migrateur " de documentaire haut de gamme.
Un tour du monde sans réel but pédagogique comme les films didactiques
du National Geographic.
Hélas
"Le peuple migrateur" demeure trop souvent inégal. Il manque
à l'ensemble une ossature plus solide que ce rituel aller-retour
saisonnier au dessus du globe.
Les
plans trop cours ainsi que la dispersion entre toutes les espèces
empêche le spectateur de s'attacher à cette faune pour le moins
variée.
L'absence
de dramatisation rend l'image simplement démonstrative. Et la
musique composée par l'incontournable Bruno Coulais confirme
cette disparité: tantôt bienvenue, tantôt agaçante car trop
calquée sur Vangelis.
Soulignons toutefois le travail de préparation en amont du film,
en tout point remarquable, qui permet de capter des scènes
d'une rare beauté.
Le
spectateur a le plaisir de redécouvrir des endroits connus sous
un nouveau jour: la Tour Eiffel, le Mont Saint-Michel ou les
tours jumelles du défunt World Trade Center sont autant d'instants
magiques.
Si la distanciation constante tout au long du film empêche le
spectateur de mieux connaître les oiseaux, elle lui permet toutefois
de les observer comme jamais, dans des cadres uniques.
Mais malgré une volonté de coller à la
réalité (scène de chasse, oiseau pris dans
le mazout), les images qui s'obstinent à rester belles et glacées.
Comme
un reportage de GEO ou le beau livre de vues aériennes de Yann
Artus Bertrand, "La terre vue du ciel".
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