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FOOT
ET CINEMA : CARTON ROUGE !
Autant
la boxe ou la danse ont eu les honneurs du septième art
(en vrac Billy Elliot, Ali, Raging Bull...), autant
le football fait figure de parent pauvre dans ce domaine.
Certes on a bien vu quelques footballeurs célèbres troquer
leur maillot contre quelques rôles (Eric Cantonna dans Le
bonheur est dans le pré d'Etienne Chatilliez et Les
enfants du Marais de Jean Becker ou encore Dominique
Rocheteau dans Le Garçu de Maurice Pialat).
Mais ces derniers exemples demeurent des exceptions. Un
constat d'autant plus paradoxal que le football reste le
sport le plus populaire et fédérateur au monde. Il n'y a
qu'à constater la frénésie de la France pour son équipe
nationale depuis la Coupe du Monde 1998 pour s'en convaincre.
Comment expliquer donc cette absence de films marquants
sur le genre ?
La nature du sport elle-même semble être la cause principale.
Car la boxe, le ring offrent un terrain idéal pour installer
une dramaturgie. Sans omettre la personnalité des boxeurs
eux-mêmes, souvent charismatiques (voir notre article boxe
et cinéma ). Sport de mouvement et de plans larges par
excellence, le football pose le problème de l'identification.
Sans
omettre les difficultés techniques à filmer un match, et
ce malgré les caméras portatives, très légères, développées
ces dernières années. Sans parler du problème des acteurs
eux-mêmes : un geste footbalistique est très difficile à
réaliser, contrairement à la boxe où il est possible de
feindre un geste violent puis de l'amplifier au montage
grâce à des ralentis ou des accélérés.
D'autre
part le football n'offre que peu d'intérêt d'un strict point
de vue scénaristique. Seul Dominique Farrugia a eu la bonne
idée de détourner l'univers footbalistique pour faire commenter
les scènes de ménage d'un couple par le mythique duo de
commentateurs Jean-Michel Larqué-Thierry Roland, dans Delphine
1 - Yvan 0. Quid des matchs à proprement parler ? Difficile
de reproduire en effet sur grand écran l'émotion intense
inhérente à un match vécu en direct. Un argument certes
valable.
Mais
au regard de la réussite de 3 zéros, on comprend
mal pourquoi les cinéastes ont mis tant de temps avant de
se pencher sur les coulisses du foot, terrain idéal pour
la comédie, révélateur social intéressant (le mouvement
populaire autour du club de Lens pourrait servir de point
de départ à une fiction dans l'esprit des comédies sociales
à l'anglaise). Le football catalyse bon nombre de sujets
aussi variés que le business sur le dos des supporters,
la mixité sociale ou encore la médiatisation des joueurs.
Les seuls films réussit sur le foot demeurent ceux qui l'utilisent
en toile de fond : "Jimmy Grimble", "Carton jaune",
"Didier" d'Alain Chabat (et sa scène finale au Parc
des Princes).
Autre
problème de taille auxquels se sont également heurtés bon
nombre de réalisateurs : les autorisations de filmer. Les
droits à l'image sont en effet souvent détenus par des grands
groupes (TF1...), qui ne veulent en aucun cas céder la moindre
autorisation à filmer dans les vestiaires et les stades.
Une situation qui explique le peu de scènes existantes sur
le sujet.
Fait
d'autant plus dommageable quand on sait que de nombreux
cinéastes (à commencer par Jean-Luc Godard himself !) en
rêvent depuis fort longtemps .
Espérons
que 3 zéros ouvrira la brèche et permettra à de nombreux
cinéastes d'aller ....droit au but.
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@ir-V Trocc@z -
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