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THE
LORD OF THE RING @@
ALI.
Trois lettres pour un nom de légende.
On
a tout vu, lu et entendu sur le boxeur surdoué et grande gueule.
A
commencer par le fantastique documentaire primé aux Oscars en 1996,
"When we were kings", de Leon Gast et Taylor Hackford.
La tâche n'était donc guère aisée pour le réalisateur Michael Mann
("Heat", "Le dernier des Mohicans").
Comment
appréhender le mythe Cassius Clay sans tomber dans la redite
ni le mélo ?
Mann
apporte son expérience de documentariste au sujet, son sens aigu
du détail et ne cède jamais à la facilité.
A
ce titre, la scène d'ouverture est un modèle d'intelligence. Cadre,
éclairage, mouvement de la caméra : l'introduction s'éloigne ouvertement
du style documentaire que laissait envisager le sujet. L'enfance
est ainsi volontairement occultée. On avait connu plus classique
comme entrée en matière.
Le
boxeur charismatique, à la personnalité complexe, nécessitait une
telle approche. Si la mise en scène de Mann apparaît aussi novatrice
dans sa manière de filmer les scènes de combat que "Raging
Bull" de Martin Scorcese, on regrettera les impasses sur la
fin carrière du sportif (le film se concentre sur une dizaine d'années),
même si cette dernière s'est révélée chaotique, en particulier lors
du troisième match contre Joe Frazier qui est à l'origine de ses
problèmes de santé (maladie de Parkinson).
Hélas,
le héros n'est pas installé dans la durée. Et la déstructuration
du réçit dessert l'ensemble. Pour peu que le spectateur ne soit
pas fin connaisseur de l'histoire d'Ali et de l'Amérique de cette
époque, le néophyte peut facilement décrocher.
Mann
joue trop sur le pouvoir de suggestion : toutes les scènes ne sont
pas explicites, à l'instar de celle se déroulant dans une station
service où Ali travaille après avoir été déchu de son titre de champion
du monde.
Elément en apparence anodin et pourtant essentiel de cette scène
: la télévision que Cassius regarde d'un air détaché. On peut y
entrevoir la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de 1968 à
Mexico.
La
rage de ne pas participer à ce qui aurait dû être un des sommets
de sa carrière est perceptible. Mais combien de spectateurs auront
perçu cette subtilité ?
Consciencieux,
le réalisateur de "Révélations" explore toutes les facettes d'Ali
: coureur de jupons, grand orateur, porte parole de la communauté
noire, homme de foi. Un homme d'exception, mais pas exceptionnel.
Un homme avec ses certitudes et ses doutes, notamment sur son entourage
plus ou moins proche (mention spéciale au méconnaissable
mais formidable Jon Voight en journaliste).
Dans le rôle-titre, Will Smith est stupéfiant. Sa transformation
physique étonnante (l'acteur de "Men In Black" est méconnaissable)
est doublée d'une interprétation hors pair.
Gestuelle, répliques cinglantes à la presse et ses détracteurs,
jeu de jambes. Rien ne manque.
En
totale adéquation avec son metteur en scène, Will Smith le caméléon
EST Ali.
Une
performance qui laisse augurer le meilleur pour l'acteur de "Wild
Wild West", après le rendez-vous manqué de "La légende de Bagger
Vance" de Robert Redford.
L'Oscar
du meilleur acteur devrait lui revenir de droit.
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@ir-V Trocc@z -
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