|

- 90
jours de tournage, 127 décors différents
Paul
Ardaji, Palestinien catholique, s'est battu pendant près
de dix ans en marge d'Hollywood pour monter le film. La carrière
du boxeur touchait à sa fin lorsque Ardaji l'a rencontré
en 1978. Lors de l'anniversaire des cinquante ans du champion, en
1992, l'homme d'affaire a suggéré à Ali de
réaliser un grand film son sa vie.
Avant
d'atterrir entre les mains du réalisateur de "Révélations" et "Heat",
le scénario d'"Ali" passa entre celles de Spike Lee ("Clokers",
"Jungle Fever", "Do the right things"), Oliver Stone ("Tueurs nés",
"Platoon", "Né un 4 juillet", "The Doors", "L'enfer du dimanche",
"U-Turn"), Steven Spielberg ("Intelligence Artificielle", "Indiana
Jones", "E.T", "Minority Report", "Jurassic Park", "La liste
de Schindler", "Les dents de la mer") et Barry Sonnenfeld ("Men
In Black", "Get Shorty", "La famille Adams", "Wild Wild West").
Mais l'échec commercial de "Wild Wild West" mit
un terme à la collaboration entre Sonnenfeld et Will Smith.
Heureusement, l'agent de l'acteur de "Men
in Black") a convaincu ce dernier de rencontrer
Michael Mann. Le nouveau tandem Mann-Smith remit le projet sur les
rails.
Michael Mann a été attiré par le côté 60's de l'histoire. Le réalisateur
a analysé tous les éléments biographiques du boxeur afin de recréer
l'énergie d'une Amérique militante vue par un héros populaire en
la personne de Muhammad Ali.
Hommes
à femmes, boxeur, ami de Malcom X, défenseur de la justice, Cassius
Clay est une des dix plus importantes personnalités du XXème siècle.
Le
film se déroule sur une décennie, à partir de 1964, date de la première
victoire du boxeur. Une période faste sur laquelle ont planché Christopher
Wilkinson et Stephen J. Rivele (co-scénaristes de "Nixon" d'Oliver
Stone avec Anthony Hopkins et Joan Allen), Eric Roth ("Révélations"
avec Al Pacino et Russell Crowe), Grégory Allen Howard ("Le plus
beau des combats" - "Remember the Titans" avec Denzel Washington)
et le réalisateur lui-même.
Tous
ont profité des conseils du "vrai" Mohammed Ali, atteint de la maladie
de Parkinson. Autour de Will Smith, on retrouve on distribution
poids lourd : Jamie Foxx, Giancarlo Esposito, Jeffrey Whright et
Mario Van Peebles ("Les dents de la mer 4", "Panther") en Malcom
X.
Le tournage d' "Ali" a duré 90 jours, nécessitant au passage près
de 127 décors différents, répartis dans six villes, quatre états
Américains surtout trois pays (dont l'Afrique).
Michael
Mann (réalisateur de "Révélations") a insisté pour tourner dans
des lieux qui avaient une relation affective avec l'histoire authentique
d'Ali, à l'instar de Tiger Lounge, une boîte branchée de l'époque
(où l'on passait notamment du Marvin Gaye), où le boxeur a rencontré
sa première femme Sonjet.
La
boîte a fermé depuis une dizaine d'années et avait été transformée
en magasin de meubles, ce qui n'a pas empêché la production d'y
tourner : les meubles ont été enlevés et les murs remontés. Après
un passage par New York pour les quelques séquences où Ali se promène
dans Harlem avec Malcolm X, l'équipe est descendue à Miami.
Ali
s'y installé à Miami pour s'entraîner et préparer le premier combat
contre Sonny Liston. Un des décors était celui de la cour de la
maison où il habitait dans Overtown. Un jour de repos, juste après
la fin du tournage dans ce décor, Mohammed Ali est arrivé et Howard
Bingham lui a proposé de le conduire dans son ancien quartier, où
il retrouvé ses anciens amis.
Ali
est même allé se faire couper les cheveux chez son ancien coiffeur,
avant de retourner voir son ancienne maison. La salle de la cinquième
rue était un des décors capital du film. C'est là que le jeune challenger
Cassius Clay s'était entraîné avant son premier titre de champion
du monde. Mais elle avait été démolie quinze ans plus tôt.
La
production a alors a aménagé un décor dans un building, dans le
style de l'ancien gymnase. En 1962, au Sports Arena, Ali a vaincu
successivement Alejandro Lavorante en juillet, et Archie Moore,
qui était l'un de ses modèles, en novembre.
En
revanche, il n'a jamais combattu à l'Olympic Auditorium. Il s'est
contenté d'y assister à quelques combats. L'Olympic Auditorium a
sa place dans le film en tant que haut lieu de la boxe, en tant
que ring emblématique de Los Angeles, d'où chaque semaine pendant
les années 1950 et 1960 les télévisions locales et nationales retransmettaient
des combats en direct, les fameux "Friday Night Fights".
Après
Los Angeles, l'équipe gagna, au plus rude de l'hiver Chicago, bien
connu de Michael Mann, puisque le réalisateur d' "Ali" y est né
et y a beaucoup tourné ("Thief", "Manhunter" et la série télé "Crime
Story").
Le
plus gros du tournage d' "Ali " à Chicago se déroula dans le South
Side, où Ali a vécu. Pour la scène centrale du film (l'entrée d'Ali
dans le stade) des tracts avaient été distribués pour inviter les
gens à "assister au tournage". Michael Mann avait expressément demandé
que Will Smith ne soit pas visible avant la première prise.
30
000 personnes étaient présentes ont exulté à l'arrivée de l'acteur
de "Men in Black". Une énergie perceptible dans le film. Le tournage
s'est alors poursuivi en Afrique : l'équipe a quitté Miami pour
Johannesburg (en Afrique du Sud), soit 17 heures de vol plus une
heure pour atteindre Maputo (une ville bâtie par les Portugais entre
le milieu et la fin du XXe siècle), au Mozambique.

|