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LES
DOCUMENTAIRES SUR GRAND ECRAN
Ce
n'est bien sûr pas la première année que des films documentaires
sortent en salles. Pour certains réalisateurs, c'est même
la seule solution. Pierre Carles, l'auteur de La Sociologie
est un sport de combat banni des chaînes de télévision depuis
Pas Vu Pas Pris, a sorti cet année son dernier brûlot Enfin
pris ? Mais les deux phénomènes en la matière auront été,
dans des registres très différents, Bowling
For Columbine de Michael Moore et Etre
et avoir de Nicolas Philibert.
Sans
pour autant parler de raz-de-marée, ces deux films ont bénéficié
d'un excellent bouche-à-oreille et ont rencontré un succès
inhabituel pour des productions de cette envergure. Dans une
autre "galaxie" cinématographique, citons également A la recherche
du monde invisible de Jean-Michel Roux, ou comment ces givrés
d'Islandais peuvent croire le plus sérieusement du monde à
l'existence des fées. Intéressant également War Photographer
de Christian Frei, sur le photographe James Nachtwey et l'excellent
Une
pure coïncidence de et avec Romain Goupil,
présenté à la Quinzaine des Réalisateurs
du festival
de Cannes.
NON, PAS UN FILM FRANÇAIS !
Financièrement
parlant, tout avait bien commencé en 2002 pour les productions
made in France. Près de 15 millions d'entrées pour le Astérix
et Obélix : Mission Cléopâtre
d'Alain Chabat, 2e plus gros succès français de tout
le temps derrière La Grande Vadrouille, et plus de 3 millions
et demi pour 8 femmes, le théâtre filmé
de François Ozon. Aux Etats-Unis, Le Pacte des Loups a obtenu
un score correct.
Mais
faut-il pour autant se réjouir ? Astérix
n'est qu'un pop-corn movie (réussi, au demeurant), 8 femmes
un film faussement intello et vraiment prétentieux. Et derrière,
on ne compte plus les semi-réussites (pour être sympa
: Amen, L'Auberge Espagnole,
3
zéros, Ah ! Si j'étais riche !, Le papillon, Une femme
de ménage, Féroce, L'Adversaire, Filles perdues cheveux
gras, L'homme du train.)
et les ratages complets (Le
Boulet, Blanche, Ma femme s'appelle Maurice.).
Quelques films ont tiré leur épingle du jeu mais. le problème,
c'est que personne ou presque ne les a vus !
Reste
le cas Irréversible.
Vomitif pour certains, cinéma total pour les autres. Pour
ma part, j'ai trouvé ça ennuyeux et mal foutu. Christophe
Gans ("Le
pacte des loups", "Crying Freeman"),
sauve-nous !
JAMEL
DANS TOUS LES BONS COUPS
L'an
dernier, on le découvrait dans un rôle surprenant dans Le
fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet.
Cette
année, il a éclipsé Christian Clavier et Gérard Depardieu
réunis dans Astérix
et Obélix : Mission Cléopâtre. Jamel Debbouze
est en passe de devenir le porte bonheur du cinéma français.
Pas facile pourtant de devenir star du cinéma lorsque l'on
sort du giron Canal +. Benoît Delépine (ex auteur des Guignols)
en avait fait la bidifiante expérience avec Michael Kael contre
la World News Company.
Pour Jamel, il s'agit désormais de confirmer. Les projets
s'accumulent (un scénario avec Bacri en écriture depuis 1792,
une adaptation avortée de Lucky Lucke avec Eric et Ramzy,
Berri prêt à produire un film d'après la sitcom H.) mais aboutissent
peu. On en reparle en 2003. ou en 2004.
DES STARS ? POURQUOI FAIRE ?
C'est
vrai ça, pourquoi payer des millions des divas qui vont exiger
la plus grande caravane, la plus grande limousine, le meilleur
cuisinier. non mais attends !
L'excellent Andrew Niccol en a d'ailleurs fait un film (S1m0ne)
; vive les stars virtuelles ! Plus sérieusement, on peut noter
que les quatre plus gros succès mondiaux de l'année ne comptent
pas de réelles stars à leurs génériques. Harry
Potter reposant sur des héros jeunes, rien d'étonnant.
Idem pour Star
Wars Episode 2, dont le couple vedette est composé
de deux adolescents (Hayden Christensen et Natalie Portman).
Plus étonnant sont les choix de Sam Raimi et Peter Jackson,
respectivement pour Spider-Man
et Le
Seigneur des Anneaux, Les Deux Tours, mais ils
s'avèrent au final on ne peut plus judicieux. Tobey Maguire
explose en homme araignée, le falot Viggo Mortensen crève
l'écran en Aragorn. Ces quatre films ayant récolté chacun
plus de 600 millions de dollars, la conclusion est simple
: pour faire de l'argent, préfère une franchise à une vedette.
Will Smith (MIIB,
Men In Black 2), Mel Gibson (Signes)
et Tom Cruise (Minority
Report) sont tous à moins de 450 millions de dollars
de recettes (ce qui est déjà pas mal).
DES
STARS ? POURQUOI FAIRE ? (BIS)
Malgré
la brêve précédente qui note une certaine
défection des metteurs en scène et des studios
pour les stars, en revanche deux films font exception : Ocean's
Eleven de Steven Soderbergh et 8 femmes
de François Ozon. Qu'on se le dise et qu'on
se le répète : la classe absolue c'est George
Clooney et Steven
Soderbergh !!! Il est vrai que l'acteur de "O'Brother"
ne cesse de séduire de films en films. Et ses partenaires
(Julia Roberts, Brad Pitt, Matt Damon, Andy Garcia, rien que
çà !) font merveille.
En
revanche, on restera plus réservé par le film
de l'opportuniste François Ozon, qui a fait un usage
beaucoup moins harmonieux que Steven Soderbergh de ses actrices
(Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Ludivine Sagnier, Firmine
Richard, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Danielle
Darrieux, Virginie Ledoyen).
LE
JOLI MOIS DE CANNES
Une
fois de plus le festival de Cannes s'est révélé
le centre du monde du cinéma grâce à une
sélection de très grande qualité :
Bowling
for Columbine, Le
pianiste, L'homme
sans passé, Intervention
Divine, Marie-Jo
et ses deux amours ...
Une
collection de musts qui a réaffirmé le côté
select de la sélection officielle. Bravo au passage
au sélectionneur Thierry Frémaux, par ailleurs
directeur de l'Institut
Lumière à Lyon, qui n'a pas hésité
par ailleurs à pratiquer une politique d'ouverture
et de rassemblement avec les projections de Star
Wars 2 : l'Attaque des Clones, et Être
et avoir (voir "les
documentaires sur grand écran" çi-dessus).
A
noter l'absence de Pedro Almodovar, qui a sorti Parle avec
elle quelques semaines avant le Festival. Ce qui ne l'a pas
empêché d'obtenir un de ses plus grands succès
à ce jour.
UN NOUVEAU GENRE : LE BLOCKBUSTER
D'AUTEUR
Deux
films apparemment très différents, et pourtant.
Spider-Man
(806 millions de dollars au box-office mondial) et Le Seigneur
des Anneaux (860 millions pour La
Communauté de l'Anneau et déjà 190 millions pour
Les
Deux Tours au 24 décembre) ont cassé la baraque.
Deux réussites et quelques similitudes intéressantes. Les
réalisateurs Sam Raimi et Peter Jackson
ont tous les deux commencé par le cinéma gore à petit
budget (la série Evil Dead pour Raimi, Bad Taste et Braindead
pour Jackson). Ensuite, ils ont tous
les deux réalisé un film plus mature montrant qu'ils pouvaient
faire autre chose que de l'épouvante grand-guignolesque (Un
plan simple pour Raimi et Créatures Célestes pour Jackson).
Dans
les deux cas, il s'agit d'adaptations extrêmement attendues.
Dans les deux cas, des adaptations existaient déjà mais n'avaient
pas convaincu grand monde (série B pour Spider-Man
et film d'animation pour Le
Seigneur).
Et dans les deux films, pas de véritables stars mais des acteurs
parfaitement choisis. Et quelques habitudes amusantes.
Peter
Jackson apparaît dans La
Communauté de l'Anneau / The Fellowship of the Ring
et dans Les
Deux Tours / The Two Towers comme dans chacun de
ses films. Sam Raimi, quant à lui, a offert dans Spider-Man
un petit rôle à son acteur fétiche d'Evil Dead, Bruce Campbell.
L'ANIMATION
S'ANIME
Beaucoup
de bons dessins animés cette année. Non, Disney ne s'est pas
réveillé, mais Pixar continue de lui fournir une créativité
salutaire. Monstres
& Cie reste une des plus belles réussites animées
de tous les temps. C'est également le cas pour Le
Voyage de Chihiro d'Hayao Miyazaki, premier film
d'animation à recevoir L'Ours D'Or au festival du film de
Berlin.
A
noter que les films du studio Ghibli sont distribués par Disney
en Europe et aux Etats-Unis. Il leur faut bien ça pour masquer
les échecs artistiques et économiques que sont Lilo
& Stitch et La Planète au Trésor.
A l'inverse, les Japonais n'ont toujours de leçons à recevoir
de personne en la matière, comme l'atteste le Metropolis de
Rintaro. Enfin, soyons chauvins, Pascal Morelli a réussi un
joli coup avec son adaptation de Corto Maltese. Cinéma
d'animation, aurais-tu donc une âme ?
RAYON
REUSSITES
Signalons
une fois de plus l'incroyable créativité des cinéastes asiatiques.
Takashi Miike et sa boucherie raffinée (Audition), Mamoru
Oshii et ses méandres métaphysico-numériques (Avalon) ou encore
Stephen Chow et ses 45 gags / seconde (Shaolin Soccer).
Côté
acteurs, mention spéciale à Robin Williams pour son hallucinante
composition dans One Hour Photo de Mark Romanek (et pour celle,
intéressante, dans Insomnia de Christopher
Nolan) et à Ralph Fiennes, très bon dans Dragon
Rouge / Red Dragon de Brett Ratner et juste époustouflant
dans Spider
de David Cronenberg. Et pour la route, deux petites comédies
sympatoches qui gagneraient à être découvertes massivement
en DVD : La Tentation de Jessica de
Charles Herman Wurmfeld et Joue-la comme Beckham de Gurinder
Chadha.
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L@urent C@mite -
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