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Le Boulet
Interview José Garcia
Interview Gérard Lanvin
Interview Benoit Poelvoorde

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TournageCritique

Entrevue exclusive

Interview José Garcia

 

Le bouletDepuis son inoubliable duo formé avec Antoine de Caunes dans Nulle Part Ailleurs, le trublion José Garcia s'est imposé comme une figure incontournable du cinéma comique de ces dernières années :"La vérité si je mens" 1 et 2 (huit millions d'entrées), "Jet-Set"...Tout en incarnant en parallèle des personnages où il apparaît méconnaissable, dont l'exemple le plus frappant reste sans doute "Extension du domaine de la lutte" de et avec Philippe Harel. Dans le carton annoncé "Le Boulet" d'Alain Berbérian ("La Cité de la peur", "Paparazzi") et Frédéric Forestier, José Garcia retrouve son complice Benoit Poelvoorde avec qui il avait déjà joué dans Le vélo de Ghislain Lambert.

Toujours de bonne humeur, tout sourire, l'homme apparait décontracté, énergique, drôle et foncièrement sympathique.


Une des particularités du BOULET est d'avoir deux réalisateurs. Comment avez-vous géré cette situation ?

Le bouletJosé Garcia : les deux réalisateurs sont des types absolument charmants, ouverts et disponibles.

D'un côté, il y avait Alain Berberian, un monsieur qui n'est pas né de la dernière pluie, qui est très axé comédie, très pointu sur le genre.

Et de l'autre, Frédéric Forestier dont la maîtrise et les connaissances techniques dépassent l'entendement ,mais qui sait aussi que la caméra ne fait pas le film. Les ¾ des jeunes réalisateurs de sa génération sont des rois de la caméra ,mais leur film vous laisse de marbre. Dès qu'ils cantonnent les acteurs dans un cadre fixe ,ils sont perdants. Frédéric n'a pas ce travers, il s'intéresse au travail des acteurs ,et l'a amplement prouvé. L'association de ces deux talents a donc été géniale, il y a eu une très bonne entente et pour nous tous, ce tournage a été une formidable récréation.

Conçu au départ comme un film de duo, Le Boulet est devenu grâce à vous un film de trio...

Le bouletJosé Garcia : je ne calibre rien par avance, je me soucie moins de la place ou de l'importance du personnage que de l'univers dans lequel il évoluera et du travail qu'il me demandera. Ici, ce qui m'amusait était de jouer un méchant comme je les aime au cinéma, c'est-à-dire un pur salaud prêt à tuer un enfant pour un bout de pain. J'aime ces types démesurés, comme Eli Wallach dans LE BON ,LA BRUTE ET LE TRUAND, qui vont au bout de l'ignominie tout en vous procurant une intense jubilation. Tant qu'à faire un méchant, autant qu'il soit irrécupérable ! (rires)

Le Turc est raciste, violent, sexiste, seul et il se fout des autres, à commencer par son pauvre acolyte qui ne set qu'à lui faire de l'ombre en plein désert (rires).

Contrairement aux "méchants" hollywoodiens qui sont toujours super bien sapés, le Turc a un côté bas de gamme prononcé. Il fait un "travail de proximité" ,à l'échelle d'un quartier. Mais, sorti de son élément, il perd ses moyens et cède en permanence à une rage concentrée, quasi-explosive. C'est un sanguin qui fonctionne uniuemnt sur le mode action-réaction.

Votre personnage a nettement un côté dessin-animé. Cet univers vous inspire-t-il ?

Le bouletJosé Garcia : je m'inspire de la vie,des dessins, de la caricature.

Daumier a inventé des personnages inoubliables pour dénoncer le pouvoir ou l'avarice à travers les traits d'un visage. Les dessins animés produits par Warner Bros. Résultent des mêmes études d'archétype. Si je devais me rattacher à un personnage animé, ce serait sans doute Rackam Le Rouge, ce pirate aux grosses bacchantes ,en état d'ébullition permanente. Moi, je ne travaille pas à partir de références. La seule chose qui m'importait ici était d'éviter les archétypes américains et de faire du Turc un personnage basique, assez brutal et enragé pour mettre en péril le meilleur boxeur du monde. Malheur à vous si le Turc vous tombe dessus, car il ne recule jamais devant un coup bas !

Pour la scène finale, vous avez évité au maximum un combat chorégraphié ...

Le bouletJosé Garcia : là je me suis vraiment régalé ! ! ! Je suis allé à l'encontre des chorégraphes en essayant d'éviter au maximum la stylisation des combats, comme on en voit trop actuellement. Des figures acrobatiques tellement improbables qu'elles en deviennent ridicules. Mon personnage a quelque chose de brutal, primaire qu'il fallait retranscrire dans les combats : un double Nelson, un petit taquet, une bonne grosse baffe à l'ancienne, une clé anglaise et le tour est joué ! (rires)

Le clou dans la scène finale étant la figure de la pieuvre, où je me jette de travers sur Gérard Lanvin. Les professionnels sont formels, c'est un coup imparable ! Vraiment jouissif !

Vous avez eu une formation très diversifiée : Cours Florent, cirque, Commedia Del Arte ..Qu'est ce qui vous a été le plus bénéfique ?

José Garcia : toutes les techniques vous apportent quelque chose. J'ai beaucoup appris au cirque. Le travail du corps en particulier, la discipline qui vous fait démarrer chaque jour à six heures du matin, que vous soyez en forme ou non. J'ai fait mes gammes au milieu de ces artistes. J'aime me préparer comme un athlète, travailler toujours régulièrement pour donner le maximum au jour J.

Comment arrivez-vous à ce niveau d'énergie ?

José Garcia : mon problème ,c'est un trop plein de vitalité ! J'ai le même tonus à la première prise qu'à la quarantième ! Dans la vie, la cas est plus délicat, je suis obligé de canaliser mon énergie en permanence. Quand je reviens d'un tournage, il faut que je me tue au sport pour me calmer !

Avez-vous envie de travailler aux Etats-Unis ?

José Garcia : je n'aime pas le côté "premier degré" du cinéma américain. Tout doit être cadré, nickel. La mentalité américaine me fatigue. Certes, ils ont une façon de bosser vraiment intéressante, mais ce côté trop sérieux ne m'intéresse pas. J'aime arriver le matin tôt sur un plateau, raconter des conneries avec le chef électro. Ca me met en confiance. Alors que les américains se contentent de descendre de leur caravane, donner leur réplique, pour à nouveau s'isoler. Je trouve cette solitude déprimante.

 
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