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Le
film a été tournée à Paris et au Maroc. Le boulet est surtout
et avant tout un film de producteur.
Le fils de Claude Berri rentre dans la cour des grands en
misant 177 million de francs (le budget du film). Un record.
L'idée
du Boulet est née dans la tête du producteur, alors que ce
dernier regardait le Paris-Dakar. Langmann a d'abord songé
à une course-poursuite entre un maton et trois frères déjantés,
qui se sont par la suite fondus en un seul : Moltès (Gérard
Lanvin) un dur de dur à la mode des années soixante-dix. C'est
sous le pseudonyme de Matt Alexander qu'officie depuis douze
ans un duo inséparable de scénaristes, à qui a été confié
celui du Boulet.
Matt
Alexander avait rencontré Thomas Langmann à propos de son
projet sur Fantomas (qui sera finalement tourné à partir de
décembre 2002 avec Jean Reno)..
Le jeune producteur qui avait déjà écrit une première version
du scénario du Boulet avec Dominique Mezerette, a finalement
décidé de leur en confier la réécriture. Langamann a voulu
réunir le duo Gérard Lanvin/Benoît Poelvoorde. Un duo placé
sous de nombreuses références. En vrac : La Chèvre, La
Grande Vadrouille sans omettre Les Visiteurs.
N'hésitant pas à multiplier les talents, Thomas Langmann a
engagé deux réalisateurs. Alain Berberian s'est chargé de
la partie tournée en premier au Maroc. Frédéric Forestier
s'est ensuite occupé des scènes d'action et de comédie, à
Paris.
DES
EFFETS SPECIAUX IMPRESSIONNANTS
Pour
le Boulet, on peut distinguer deux types d'effets spéciaux.
Une
catégorie classique, et la séquence pour laquelle la société
l'E.S.T (Etude et Supervision des Trucages) a été contactée
en premier lieu, car elle nécessitait à l'évidence une longue
préparation en amont : la Grande Roue de la Concorde. La Grande
Roue était pour Thomas Langmann un moment clé du film. Une
séquence de deux minutes qui compte 150 plans avec 70 trucages.
La
conception générale du producteur a été clairement définie
dès le départ : Moltès est poursuivi à moto par le policier
Youssouf (Djimoun Younsou, vu notamment dans Amistad de Steven
Spielberg et Gladiator de Ridley Scott avec Russell Crowe)
; il lance sa voiture sur un tremplin, prend son envol, passe
à travers la roue et l'accroche, la structure se déglingue,
la roue s'effondre, poursuivant sa course à travers le jardin
des Tuileries, écrasant tout sur son passage tel Godzilla.
Tel
était le principe de base. Dans le détail, l'équipe des effets
spéciaux a travaaillé sur plusieurs versions avec Frédéric
Forestier (le deuxième réalisateur avec Alain Berbérian).
L'équipe
de l'E.S.T a examiné, réfléchi et chiffré les possibilités
avant d'aboutir à cette version. Le but n'étant pas de raconter
seulement l'histoire d'un manège géant qui se détache et se
brise, mais celle d'une poursuite. La Grande Roue est un "
accessoire " de cette poursuite, elle a une fonction narrative
: c'est un des instruments pour lesquels le conflit, la rivalité
entre les deux hommes s'exerce. La séquence définit également
le ton du film : l'équipe ne voulait pas se prendre trop au
sérieux, tout en frôlant les limites du crédible et en restant
totalement photo-réaliste.
C'était
d'ailleurs pour l'équipe des effets spéciaux la difficulté
majeure de cet épisode : comment animer cette Grande Roue
en faisant en sorte qu'aucun élément visuel n'altère le photo-réalisme
de l'image ? En général dans ce genre de séquence est située
la nuit pour simplifier les effets. Le fait qu'elle se déroule
en plein jour constituait un défi supplémentaire, la moindre
erreur sautant aux yeux. En outre il a fallu ajouter des reflets,
des ombres . Une fois cette version retenue, l'équipe a réfléchi
à sa mise en oeuvre.
Deux
options se présentaient : l'option maquette et l'option image
de synthèse. Finalement les gros plans ont été filmé sur maquette
et les plans plus larges avec une action plus complexe ont
été réalisés en image de synthèse. La maquette peut avoir
un rendu très réaliste à condition de choisir la bonne échelle.
En revanche, faire accomplir à une maquette un action complexe
un plan large st un peu plus délicat et plus cher.
UN
TEMPS DE TOURNAGE LIMITE
Autre
problème majeur : le temps de tournage était sévèrement compté.
L'équipe ne pouvait pas tourner plus de quatre jours dans
le Jardin des Tuileries et plus de deux jours sur la Concorde,
avec obligation de restituer le décor à midi pour la circulation.
Une
énorme contrainte, d'autant qu'Alain Berbérian et Frédéric
Forestier ont tourné au mois d'août et qu'il ne faisait pas
toujours beau.
La
production a donc décidé de filmer aux Tuileries ce qui était
indispensable, c'est-à-dire les plans de grand ensemble où
l'on voit la totalité du site et de continuer les extérieurs
à la Ferté-Alais après avoir amené du sable de la couleur
appropriée, et y a voir reconstitué un bassin et des statues
de Tuileries. Le tournage en prise de vues réelles de cette
séquence a représenté quasiment un mois de travail.
Pour
la première fois l'équipe de l'E.S.T a travaillé avec les
Versaillais, une équipe qui réalise des trucagtes à la prise
de vue, déjà à l'origine des effets spéciaux du Fabuleux
destin d'Amélie Poulain, Vidocq
et du Pacte
des loups. Les Versaillais ont pris en charge
tous les effets pyrotechniques et mécaniques.
Un
groupe qui se positionne clairement sur le "haut de gamme".
Ils ont ainsi construit à l'échelle ¼ une maquette de la grande
Roue qui mesurait pas moins de neuf mètres. Ils ont également
fabriqué à la même échelle, une centaine de cabines destinées
à être écrasées sous le poids de la roue ou devant un fond
vert, à l'aide d'une machine de leur cru. Les envols de voitures
ont été filmés en vrai, ainsi que les envols et les réceptions
de motos, certains sur fond de ciel, certains sur fond vert.
Précision
importante : l'E.S.T était sur le Boulet, coordinateur et
organisateur.
Les trucages numériques de la Grande Roue ont été exécutés
par Mikros Image, qui dispose d'une des meilleures équipes
de 3 D à Paris. Pour ce genre de travail, il faut une infrastructure
lourde, en pointe sur la plan recherche et développement,
comme il n'en existe que trois ou quatre.
L'équipe de l'E.S.T avait déjà avec eux une collaboration
bien installée, qui remonte aux Rivières Pourpres de
Mathieu Kassovitz. Par ailleurs, l'équipe de l'E.S.T a réalisé
en interne divers trucages dans leur petit atelier de fabrication.
Au final, on obtient le rapport maquette/images de synthèse
suivant : 2/3 d'images de synthèse pour 1/3 de maquette.
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