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Festival de Cannes 2002
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Festival de Cannes 2002

Copyrights 1998-2002

Bowling for Columbine

Fiche technique
  • Réalisation : Michael Moore (Roger et moi, The Big One)
  • Photo : Brian Danit, Michael McDonough
  • Musique : Jeff Gibbs
  • Production : Kathleen Glynn, Jim Czarnecki, Michael Moore
  • Distribution : Diaphana
  • Durée : 2h00
Distribution
  • Michael Moore
  • Charlton Heston
  • Chris Rock
  • Marilyn Manson.

 

Bowling for Columbine

Synopsis

Après avoir vu une pub dans le journal, Michael Moore se rend dans une banque où l'ouverture d'un compte lui donnera droit à un fusil flambant neuf. Il pourrait s'en servir pour braquer la banque, mais le récent massacre du lycée de Columbine lui donne plutôt l'envie de découvrir un peu mieux pourquoi son Amérique natale compte autant d'armes à feu en libre circulation, et par extension un nombre de victimes en conséquence. Attention, ceci est un documentaire, tout est vrai...

 

Revue de détails

Bowling for ColumbineMichael Moore a eu l'idée de Bowling for Columbine après le massacre du lycée de Columbine, à Littleton, Colorado. Le 20 avril 1999, deux élèves âgés de 18 et 17 ans, Eric Harris et Dylan Klebold, ont abattu treize élèves et professeurs et en ont blessé 21 autres avant de retourner leurs armes (achetées en toute légalité) contre eux. Cette fusillade reste à ce jour la plus meurtrière dans un établissement scolaire.

Deux autres faits divers sont évoqués dans Bowling for Columbine. L'attentat d'Oklahoma City du 19 avril 1995 (168 victimes), dont le complice du principal coupable a fait ses études dans un lycée voisin de celui du réalisateur, et l'affaire Kayla Rolland.

Le 29 février 2000, cette fillette de six ans a été tuée par un camarade de classe de son âge, dans une école de Flint, Michigan (la ville natale de Moore). Le garçon avait trouvé l'arme chez son oncle qui l'hébergeait, sa mère étant dans l'impossibilité de payer son loyer malgré deux travails l'obligeant à deux heures de transport en commun matin et soir. Compte tenu du sujet abordé, Michael Moore a rapidement compris qu'il aurait du mal à financer son film avec des fonds américains. Il s'est donc tourné vers le Canada, qui produit déjà son émission de télé The Awful Truth. Comme l'annonce une responsable des supermarchés Kmart dans le film, ces magasins ont retiré de la vente toutes leurs munitions pour armes à feu. Six mois plus tard, ils ont fait faillite.

Relation de cause à effet ? Comme en écho à ce que nous pouvons voir en France, signalons qu'à Los Angeles la criminalité a baissé de 20% en dix ans. Sur cette même période, les reportages concernant le sujet diffusés sur les chaînes de télé locales ont augmenté de 60%.

Michael Moore a tourné 200 heures de rush pour son film. Celui-ci s'est vu récompensé en mai dernier par le Prix du 55e anniversaire au Festival de Cannes. Outre ses documentaires, Michael Moore a tourné un film de fiction intitulé Canadian Bacon, dans lequel le président des Etats-Unis décidait d'envahir le Canada pour détourner l'opinion publique de quelques problèmes intérieurs (un peu le principe de South Park, le film).

Admirateur des Rois du Désert de David Russell, Michael Moore n'exclut pas de retourner un film de fiction un jour. En attendant, il est également pamphlétaire. Son dernier livre Mike contre-attaque vient de sortir en France aux éditions La Découverte.

Critique

250 millions d'armes à feu et moi et moi et moi ... @@@@

Bowling for ColumbineSi vous n'avez jamais entendu parler de Michael Moore, ne fuyez pas devant l'appellation documentaire de Bowling for Columbine en vous disant "ah, un documentaire. ça doit être chiant". Parce que si le sérieux et la rigueur investigatrice sont là (200 heures de rush, trois ans de travail), le gros barbu à la casquette a un traitement bien à lui, inimitable des sujets qu'il aborde.

Sur le même principe que Roger et Moi et The Big One, Moore donne de sa personne devant et derrière la caméra. L'omniprésence qui en résulte n'est absolument pas gênante ou exaspérante et ce pour plusieurs raisons.

D'abord parce que Moore est un interviewer hors pair, et qu'il fait dire à ses témoins, célèbres ou anonymes, des choses que l'on a pas vraiment l'habitude d'entendre. Les éclairages apportés sont donc, pour la plupart, inédits et pertinents. La qualité du travail documentaire (abondance de chiffres, faits historiques précis.) est indéniable et se double d'un comique totalement irrésistible.

Par ses questions incisives et subtilement amenées qui ne donnent pas droit à l'erreur, Moore obtient souvent des réponses à peine croyables, édifiantes, données avec le plus grand sérieux par ses interlocuteurs. Mais le film ne se résume pas à une succession de démonstrations par l'absurde. Lorsqu'il s'agit de faire le clown, Michael Moore est bon. Très bon même.

Sa parodie de l'émission américaine Cops, dans laquelle il poursuit un délinquant en col blanc, est à mourir de rire, tout comme la séquence animée "historique" qui n'est pas sans rappeler South Park (dont l'un des créateurs est interviewé dans le film). Sur la forme, l'ensemble peut donner l'impression de partir un peu dans tous les sens, mais la sincérité du réalisateur, tendu vers son objectif aussi citoyen qu'artistique, fait de Bowling for Columbine un objet suffisamment unique dans le flot de fictions qui inondent les écrans en temps normal. Et ça, c'est bravo.

- L@urent C@mite -

 

 
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