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Aki
la palme ? @@@
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" Ici, c'est l'ANPE. L'école d'art dramatique,
c'est en face."
Souvent,
les gens que je connais me demandent si je n'en ai
pas marre d'aller au cinéma.
Ben franchement non, au contraire, c'est toujours
un régal pour moi. C'est vrai que je pourrais bien
prendre en aversion tout ce qui ressemble à un grand
écran, à force, mais en fait, que le film soit bon
ou minable, j'ai toujours la foi en entrant dans la
salle.
Bien
évidemment, il y a des moments plus glorieux que d'autres
; par exemple, Blanche ou Le Boulet étaient des instants
difficiles, une sorte de chemin de croix, un prix
à payer pour ensuite pouvoir mieux apprécier les VRAIS
films.
La récompense suprême étant de tomber sur une bonne
surprise. Ça tombe bien, voici L'Homme Sans Passé.
Mais rien n'est jamais gagné d'avance. J'aime les
grosses productions américaines, du Seigneur des Anneaux
à Spiderman.
Les films d'auteurs, je dis que j'aime aussi histoire
de ne pas passer pour un gros beauf, mais à part Lynch
et les films sado-maso japonais.
Seulement voilà, L'Homme Sans Passé a reçu le label
des spectateurs UGC. Quelle que soit la séance à laquelle
vous avez assistée récemment dans ce circuit, vous
avez vu cette bande-annonce vantant le "Meilleur film
de l'année élu par la critique internationale". Fffiu,
ça en fait des raisons d'être déçu. Et pourtant non,
rien n'y fera ; L'Homme Sans Passé est un beau et
grand film. A tel point que l'on se demande fréquemment
en le découvrant si c'est bien le même Kaurismäki
qui a réalisé auparavant l'inepte trilogie sur les
Leningrad Cowboys.
Renseignements pris, oui. Vraisemblablement sevré
d'alcool (le bonhomme se définissant lui-même comme
un poivrot notoire) pendant toute la durée du tournage
pour composer de si beaux plans (sens du cadrage et
de la couleur resplendissants), Kaurismäki touche
juste avec ses gags glacés qu'il a le bon goût de
filmer avec une simplicité déconcertante.
Mais
c'est bien connu, les meilleures comédies sont celles
qui, en plus de faire rire, fournissent des émotions
durables au cortex du spectateur (Le Kid ou L'été
de Kikujiro en sont de bons exemples). De ce côté
aussi, le réalisateur finlandais réussit là où d'autres
vont se vautrer avec la mièvrerie ou le larmoyant
(non n'insistez pas, j'en ai marre de balancer).
L'histoire
secondaire de l'ancien patron criblé de dettes est
à cet égard remarquable et assez représentative de
ce qu'est L'Homme Sans Passé : un magnifique plaidoyer
pour la dignité humaine.
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L@urent C@mite -
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