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Festival de Cannes 2002
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Festival de Cannes 2002

Copyrights 1998-2002

Irréversible

 

Fiche technique
  • Réalisation : Gaspard Noé
  • Production : Christophe Rossignon et Richard Grandpierre
  • Scénario : Gaspard Noé
  • Photo : Benoît Debié
  • Musique : Thomas Bangalter
  • Distribution : Bac films
  • Durée : 1 H 39

 

Distribution
  • Vincent Cassel (Marcus)
  • Monica Bellucci (Alex)
  • Albert Dupontel (Pierre)
  • Jo Prestia (le Ténia)

 

Irréversible
Synopsis

A la sortie d'une soirée où elle laisse son fiancé et son ex-copain, une jeune femme (Monica Bellucci) est victime d'un viol. Le premier part à la recherche de l'agresseur, histoire de se venger. Le second va essayer par tous les moyens de le calmer.

 

Revue de détails

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu' "Irréversible" est un des films les plus attendus de la sélection officielle. A l'instar des précédents films de Gaspard Noé, certaines scènes du film s'avèrent d'une violence quasi-insoutenable. La montée des marches s'annonce en conséquence très chaude .

Nul doute que cette première sélection à Cannes risque de désarçonner le public et diviser à coup sûr la critique. Mais la qualité de l'interprétation et de la mise en scène ne devraient pas échapper au président du jury, David Lynch, ce dernier ayant une affection particulière pour les films dérangeants. Première sélection donc pour Gaspard Noé, cinéaste définitivement à part, peu enclin au consensuel, qui filme la violence en face, sans filtre, de manière très crue.

Certains sont séduits, d'autres rejettent en bloc ses films comme "Carne" sorti en 1991 ou encore "Seul contre tous" (1998). Deux films qui avaient reçu le prix de la Semaine de la Critique à Cannes. Un gage de qualité. Dans rôle principal la sublime Monica Bellucci. Une plastique parfaite. Un regard envoûtant. A 33 ans, la Cléopâtre de "Astérix et Obélix" version Alain Chabat réussit une carrière exemplaire aux quatre coins du globe. Elle sera l'année prochaine sur grand écran la partenaire de choix de Keanu Reeves ("Speed") dans les très attendus "Matrix 2 et 3".

L'actrice de "L'appartement" tourne souvent avec son mari, Vincent Cassel ("La Haine", "Les Rivières pourpres" avec Jean Réno). "Irréversible" ne fait pas exception à la règle. Pourtant, la belle fera des infidélité à l'élu de son cour en tournant avec Bruce Willis dans "Hostile Rescue ". Monica Bellucci est déjà venue à Cannes en 2000 pour le remake de "Garde à vue" de Claude Miller (juré cet année) avec le légendaire face à face Michel Serrault-Lino Ventura , "Suspicion" avec Gene Hackman et Morgan Freeman.

A noter enfin : "Irréversible" est produit par le tandem Christophe Rossignon-Richard Grandpierre, à qui l'on doit respectivement "Une hirondelle a fait le printemps" de Christian Carion avec Michel Serrault et Mathilde Saignier et "Le pacte des loups" de Christophe Gans ("Crying Freeman") avec .Vincent Cassel et Monica Bellucci. La boucle est bouclée.

Critique

Viol au-dessus d'un nid que casse-nouilles @

A moins de faire partie de ceux qui pensent qu'il faut faire "style" pour faire bien, la première partie d'"Irréversible" est proprement insupportable. Noé y confond direction photo avec obscurité, musique avec vacarme, sexe avec pornographie et mise en scène avec n'importe quoi.

L'épreuve a certainement dû être jubilatoire pour son réalisateur, mais pour le spectateur, quel calvaire. La caméra bouge dans tous les sens pour notre plus grand inconfort, l'effet recherché (retranscrire l'état d'esprit du personnage ?) a un rendu très underground et "art et essai" dont le "cinéaste" est sans doute très fier. Les quelques velléités porno-gores " habillement " placées pour choquer le bourgeois laisseront les autres dubitatifs jusqu'à la fameuse scène de viol en temps réel, qui correspond à l'entrée en scène de Monica Bellucci. Dire que sa présence illumine le film est un doux euphémisme, et sa conviction affichée tant dans l'horreur que dans le calme avant la tempête donne un contraste tout particulier à la seconde partie (l'avant montré après, donc), filmée presque correctement.

Difficile de dire si le montage inversé des scènes est à l'origine des sensations ressenties pour chacune des parties mais l'ensemble n'a de toute façon rien de proprement génial ou de vraiment mystifiant. Le plus accablant étant finalement le caractère assez prétentieux de l'entreprise : ayant présenté au couple Bellucci-Cassel son projet comme "le film que Tom Cruise et Nicole Kidman ont raté", Gaspar Noé (nullement habité par le doute) tente de refaire 2001 à la fin de son film.

Le coup de la nativité noyée dans l'Univers avec Bethoveen par dessus, il fallait oser.

Se prendre pour Kubrick, c'est bien, mais en avoir le talent, ce serait quand même mieux.

- L@urent C@mite -

 
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