|
Il
faut sauver le pianiste Szpilman @@
-
"Pourquoi ce foutu manteau ?
-
J'ai froid !"
Palme
d'Or à Cannes, critique dithyrambique, échos unanimes.
Attention chef-d'ouvre !
C'est
en substance ce qui peut venir à l'esprit avant de
s'aventurer à la projection de ce Pianiste, message
puissant d'humanité pour les uns, film du sommet cinématographique
de Polanski pour les autres. Oui, mais non ! Attention,
tout n'est pas mauvais dans le film, loin de là.
La
reconstitution historique est des plus réussies, et
la mise en scène rend le tout très réaliste, que ce
soit dans le drame humain vécu par les juifs de Varsovie
ou dans les séquences plus musclées (fusillades, tir
d'obus.). Les pérégrinations de Szpilman sont loin
d'être ennuyeuses malgré le caractère étonnement passif
du personnage.
A
cet égard, la performance d'Adrien Brody, excellent
comédien au demeurant, ne saute pas vraiment aux yeux,
alors qu'il était sans doute plus difficile de briller
dans ce registre que dans celui du grand héros résistant.
Le parti pris est courageux, intéressant, oui, mille
fois oui. Le résultat à l'écran n'est malheureusement
pas évident et confirme l'aspect casse-gueule de ce
choix.
Dans son ensemble, le film semble construit pour transformer
le personnage central en bête humaine jusqu'à la scène
de Rédemption au cours de laquelle le pianiste sauve
sa peau grâce à son art. Deux heures trente pour en
arriver là, ça fait peut-être beaucoup.
L'Holocauste reste et restera toujours une période
de l'Histoire totalement édifiante, et les personnes
qui en furent victimes ont, c'est indéniable, souffert
cruellement. Est-ce
pour autant une raison de s'extasier à chaque fois
qu'un cinéaste (en l'occurrence Polonais ayant vécu
le ghetto de Varsovie, encore un élément qui rend
le film inattaquable) en fait un film de plus de deux
heures ? Pas sûr.
-
L@urent C@mite -
PAS
D'ACCORD !
La
mémoire dans la peau @@@
Moins
démonstratif que "La liste de Schindler" de
Steven Spielberg, mais tout aussi sobre qu'"Amen"
de Costa-Gravas, ce Pianiste vient s'ajouter à la
longue liste des films sur le second conflit mondial.
Le
film de Roman Polanski possède suffisamment de qualités
intrinsèques pour se distinguer d'autres oeuvres sur
un sujet similaire.
A commencer par l'interprétation admirable d'Adrien
Brody. Non seulement le comédien offre une des prestation
les plus impressionnantes de ses dernières années,
tant par la qualité de son jeu que son implication
physique, mais offre ce petit supplément d'âme qui
transcende les grands films.
Difficile
en effet de ne pas avoir la gorge nouée devant le
nombre de scènes-clés, toutes plus émouvantes les
unes que les autres : le partage du caramel, la vente
du piano.
Difficile
de ne pas trembler devant ces scènes où la mort rode
et s'inscrit en filigrane.
Difficile
de ne pas être ému devant le visage émacié de ce pianiste,
qui, les doigts gelés, joue pour un officier allemand.
Grâce
à un mise en scène sobre, Roman Polanski ne tombe
jamais dans le pathos mais plonge le spectateur dans
cet enfer tellement horrible qu'on a du mal à se dire
"oui, çà a réellement existé".
Alors,
même si le discours qui va suivre peut apparaître
démago, on peut affirmer que tant que des hommes politiques
xénophobes trouveront un écho auprès d'un électorat
crédule, des films comme celui-ci seront utiles.
Parce
que prolonger le devoir de mémoire, c'est mieux inculquer
aux générations futures les valeurs de la République.
Non, décidément, ce "Pianiste" n'a pas usurpé sa réputation,
ni volé une Palme d'Or amplement méritée.
-
@ir-V Trocc@z -
|