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Festival de Cannes 2002
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Festival de Cannes 2002

Copyrights 1998-2002

Le pianiste ("The pianist")

Fiche technique
  • Production: Alain Sarde et Robert Benmussa
  • Réalisation: Roman Polanski
  • Scénario: Ronald Harwood, d'après le livre de Wladyslaw Szpilman
  • Montage: Hervé De Luze
  • Décors: Allan Starski
  • Costumes: Anna Sheppard
  • Photo: Pawel Edelman
  • Musique: Wojciech Kilar
  • Durée: 148 mn
Distribution
  • Adrien Brody (Wladyslaw Szpilman)
  • Emilia Fox (Dorota Michal Zebrowski)
  • Jurek Ed Stoppard (Henry)
  • Thomas Kretschmann (le capitaine Wilm Hosenfeld)

 

Le pianiste de Roman Polanski

Synopsis

Seconde guerre mondiale. Wladyslas Szpilman, pianiste juif polonais reconnu, perd sa famille, déportée par les allemands. Il va tenter de survivre dans Varsovie occupé, en tentant d'échapper aux soldats nazis. Devenu résistant, il se cache pour survivre...

 

Revue de détails

Le pianiste de Roman PolanskiAprès seulement trois films en une décennie; Roman Polanski revient avec ce Pianiste, film monté financièrement en 2000 au Festival de Cannes.

Film personnel à plus d'un titre (le cinéaste fût lui-même enfermé dans un ghetto de Cracovie et a aussi survécu aux bombardements de Varsovie).

A l'origine de cette oeuvre-clé dans la carrière du réalisateur, les souvenirs d'un pianiste, Wladyslaw Szpilman, rédigés juste après la guerre. Un mélange habile d'authenticité et d'atrocités. Le chois de l'acteur fût donc déterminant : 1400 candidats se présentèrent. Adrien Brody fût finalement retenu. Le comédien bénéficiait d'une bonne expérience (il a tourné avec Francis Ford Coppola, Steven Soderbergh (le réalisateur d'"Ocean's Eleven", "Erin Brockovich", "Traffic" et "Sexe, mensonges et vidéo"), Terence Malick, Spike Lee et Ken Loach ("Bread and Roses").

Les décors furent confiés à Allan Starski, à qui l'on doit déjà ceux de La Liste Schindler de Steven Spileberg, qui oeuvra aux studios Babelsberg (Stalingrad) pour un budget conséquent (35 million de dollars).

Quant au véritable Szpilman, il est est mort à l'age de 88 ans. Célèbre pianiste, unanimement salué dans les années 30, il travaille pour la Radio d'Etat quand Hitler bombarde Varsovie, en septembre 1939.

A noter d'ailleurs qu'après la publication de son livre, "Mort de la ville", en 46, il devindra un célèbre compositeur et le directeur musical de la radio nationale. C'est finalement son fils qui découvre ses mémoires et décide de les publier en 1998 sous le titre "Le Pianiste".

Critique

Il faut sauver le pianiste Szpilman @@

- "Pourquoi ce foutu manteau ?

- J'ai froid !"

Le pianiste de Roman PolanskiPalme d'Or à Cannes, critique dithyrambique, échos unanimes. Attention chef-d'ouvre !

C'est en substance ce qui peut venir à l'esprit avant de s'aventurer à la projection de ce Pianiste, message puissant d'humanité pour les uns, film du sommet cinématographique de Polanski pour les autres. Oui, mais non ! Attention, tout n'est pas mauvais dans le film, loin de là.

La reconstitution historique est des plus réussies, et la mise en scène rend le tout très réaliste, que ce soit dans le drame humain vécu par les juifs de Varsovie ou dans les séquences plus musclées (fusillades, tir d'obus.). Les pérégrinations de Szpilman sont loin d'être ennuyeuses malgré le caractère étonnement passif du personnage.

A cet égard, la performance d'Adrien Brody, excellent comédien au demeurant, ne saute pas vraiment aux yeux, alors qu'il était sans doute plus difficile de briller dans ce registre que dans celui du grand héros résistant. Le parti pris est courageux, intéressant, oui, mille fois oui. Le résultat à l'écran n'est malheureusement pas évident et confirme l'aspect casse-gueule de ce choix.

Dans son ensemble, le film semble construit pour transformer le personnage central en bête humaine jusqu'à la scène de Rédemption au cours de laquelle le pianiste sauve sa peau grâce à son art. Deux heures trente pour en arriver là, ça fait peut-être beaucoup.

L'Holocauste reste et restera toujours une période de l'Histoire totalement édifiante, et les personnes qui en furent victimes ont, c'est indéniable, souffert cruellement. Est-ce pour autant une raison de s'extasier à chaque fois qu'un cinéaste (en l'occurrence Polonais ayant vécu le ghetto de Varsovie, encore un élément qui rend le film inattaquable) en fait un film de plus de deux heures ? Pas sûr.

- L@urent C@mite -

PAS D'ACCORD !

La mémoire dans la peau @@@

Moins démonstratif que "La liste de Schindler" de Steven Spielberg, mais tout aussi sobre qu'"Amen" de Costa-Gravas, ce Pianiste vient s'ajouter à la longue liste des films sur le second conflit mondial.

Le film de Roman Polanski possède suffisamment de qualités intrinsèques pour se distinguer d'autres oeuvres sur un sujet similaire.

A commencer par l'interprétation admirable d'Adrien Brody. Non seulement le comédien offre une des prestation les plus impressionnantes de ses dernières années, tant par la qualité de son jeu que son implication physique, mais offre ce petit supplément d'âme qui transcende les grands films.

Difficile en effet de ne pas avoir la gorge nouée devant le nombre de scènes-clés, toutes plus émouvantes les unes que les autres : le partage du caramel, la vente du piano.

Difficile de ne pas trembler devant ces scènes où la mort rode et s'inscrit en filigrane.

Difficile de ne pas être ému devant le visage émacié de ce pianiste, qui, les doigts gelés, joue pour un officier allemand.

Grâce à un mise en scène sobre, Roman Polanski ne tombe jamais dans le pathos mais plonge le spectateur dans cet enfer tellement horrible qu'on a du mal à se dire "oui, çà a réellement existé".

Alors, même si le discours qui va suivre peut apparaître démago, on peut affirmer que tant que des hommes politiques xénophobes trouveront un écho auprès d'un électorat crédule, des films comme celui-ci seront utiles.

Parce que prolonger le devoir de mémoire, c'est mieux inculquer aux générations futures les valeurs de la République.

Non, décidément, ce "Pianiste" n'a pas usurpé sa réputation, ni volé une Palme d'Or amplement méritée.

- @ir-V Trocc@z -

 

 
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