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Festival de Cannes 2002
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Copyrights 1998-2002

Jury

David Lynch / Réalisateur, producteur et scénariste - président du jury

David LynchEnfant taciturne et rêveur, le jeune David Lynch aime s'isoler dans le jardin familial afin d'observer le monde qui l'entoure. A peine sorti de l'Ecole des Beaux-arts de Pennsylvanie, David Lynch signe deux courts métrages, intitulés "The Alphabet" (une fille est recouverte des lettres de l'alphabet) et "The Grandmother". Les spectateurs avertis y entrevoient déjà ses obsessions: un univers noir et angoissé qui prime sur l'intrigue. Ce même esprit se retrouve d'ailleurs dans son premier long, "Eraserhead". Malgré des conditions de tournages difficiles, David Lynch impose sa touche : un brûlot expérimental novateur, qui illustre le talent de son auteur. Le film devient rapidement culte et ne manque pas d'attirer l'attention de Mel Brooks.

Le producteur lui confie les rennes d'"Elephant Man". L'histoire d'un personnage défiguré qui défraya la chronique dans l'Angleterre victorienne. Son plus grand succès public: Lynch s'impose dans la cour des grands. Naturellement, David Lynch voit grand et n'hésite pas à s'associer au producteur Dino De Laurenti. Ce dernier l'entraîne sur le projet ambitieux d'adapter le chef-d'ouvre de Frank Herbert, "Dune".

Premier échec: le film est noyé sous les effets spéciaux. Un auteur reconnu en Europe mais mésestimé dans son pays d'origine Plus modeste depuis ce revers, Lynch retrouve un univers plus personnel en 1986 avec "Blue velvet". Lynch y rencontrera Isabella Rossellini qui partagera quelques temps sa vie avec lui. Le cinéaste divise plus que jamais mais Lynch décroche au passage une seconde nomination à l'Oscar. Autre récompense de son travail, quatre ans plus tard avec "Sailor et Lula". Un road-movie déjanté avec Nicolas Cage, qui décroche la Palme d'or à Cannes.

Ayant imposé sa touche, ses obsessions et son univers, à l'instar de Tim Burton, Lynch lance la série télé "Twin Peaks", qui obtient le succès que l'on sait. Une réussite dont ne profiteront pas ses trois autres séries, "American Chronicles" (1990), "On the Air" (1992) et "Hotel Room" (1993) et surtout le film "Twin Peaks" qui déroute les fans de la première heure. "Lost Highway" catalyse ses défauts amis aussi ses qualités. Un diamant noir. Auteur reconnu en Europe mais mésestimé dans son pays d'origine (comme bon nombre de ses compatriotes, Woody Allen ...), David Lynch trompe son monde et opère un virage à 180 degrés en réalisant "Une histoire vraie" (présenté à Cannes), l'histoire d'un vieil homme qui traverse les Etats-Unis de long en large pour retrouver son frère ...en tondeuse à gazon. Emouvant mais un peu longuet.

Titulaire du prix de la mise en scène en 2001 pour "Mulholland Drive" , il a depuis mis en place son site Internet, que l'on pourrait facilement qualifier de "laboratoire", tant les choses bizarres et les idées novatrices y sont légion. Curieux, éclectique, ouvert d'esprit, imprévisible, David Lynch aime aussi le cinéma classique (Stanley Kubrick, Fellini, Billy Wilder), qui marque un certain bon goût. Nul doute que sa personnalité affable en font un président de premier plan.

Bille August / Réalisateur

Bille AugustAprès des études d'architecture au Danemark et de photographie en Suède, Bille August entre à l'Ecole du Film Documentaire à Stockholm et obtient en 1971 son diplôme de directeur de la photo à l'Ecole danoise du Cinéma. L'apprenti cinéaste réalise alors des courts métrages et des films publicitaires, tout en travaillant comme chef opérateur, avant réaliser son premier film en 1978, intitulé "In my life" ("Honning måne"). S'ensuit Zappa en 1983 et surtout "Twist and Shout" ("Tro, håb og kærlighed" ) en 1984.

Mais Bille August doit surtout sa renommée internationale au festival de Cannes, où il remportera deux fois la Palme d'or en quatre ans avec "Pelle le conquérant" ("Pelle erobreren") en 1988 (le film obtiendra par ailleurs l' Oscar du meilleur film étranger) et "Les Meilleures Intentions" ("Den Goda Viljan") en 1992, sur un scénario autobiographique d'Ingmar Bergman. Depuis 1993 il a porté à l'écran des romans et best-sellers d'Isabel Allende ("La Maison aux esprits" ("The House of the spirits"), "Smilla" ("Smilla's Sense of Snow ") avec Julia Ormond d'après le roman de Peter Høeg et en 1998 s'attaque au monument de Victor Hugo, "Les Misérables" avec Uma Thurmann, Claire Danes et Liam Neeson.

Christine Hakim / Réalisatrice et productrice

Souvent qualifiée d'Isabelle Adjani indonésienne, l'actrice Christine Hakim est par ailleurs productrice de nombreux longs-métrages dont "Feuilles sur un oreiller" de Garin Nugroho (1997) (film sélectionné à Un Certain Regard), "Whispering Sands" de Nan Triveni Achnas (2001), film présenté au festival du film asiatique de Deauville, auquel elle a fait faux bond à la dernière minute. Heureusement pour Gilles Jacob, elle n'est pas coutumière du fait.

Claude Miller / Réalisateur

Claude MillerClaude Miller entre à l'IDHEC en 1962 et profite de son service militaire pour effectuer un détour au service cinématographique des armées. C'est ainsi qu'à partir de 1965, il apprend son métier comme assistant aux cotés d'éminents réalisateurs : Marcel Carné, Jacques Demy, Bresson, Godard. Claude Miller est par ailleurs directeur de production de tous les films de François Truffaut de 1968 à 1975. Après plusieurs courts-métrages censurés, il réalise en 1975 son premier long, "La Meilleure Façon de marcher" (présenté à la Quinzaine des réalisateurs) et enchaîne avec "Dites-lui que je l'aime" (avec Gérard Depardieu, Miou-Miou, Claude Pieplu, Jacques Denis et Dominique Laffin).

En 1981, il réalise "Garde à vue", mémorable face à face entre Michel Serrault et Lino Ventura, qui obtient quatre césars dont celui du meilleur scénario. Si ses films plaisent à Gilles Jacob, il ne sont jamais prêts pour être présentés sur la croisette : "Mortelle randonnée" (1982), "L' Effrontée" (1985) avec Charlotte Gainsbourg, "Betty Fisher et autres histoires" (2001) avec Sandrine Kiberlain, "La Chambre des Magiciennes" (2000) avec Anne Brochet. Une chose est sûre : son prochain long, intitulé "A l'espérance", avec notamment Nicole Garcia, sera prêt pour mai 2003. Une sélection en compétition officielle en 2003 ?

Raoul Ruiz / Réalisateur

Raoul RuizChilien peut-être, français sans doute. Prolifique et iconoclaste, Raoul Ruiz, après avoir débuté par l'écriture de pièces de théâtre avant-gardistes au milieu des années 50, est devenu réalisateur dès 1968 avec "Très tristes tigres". Militant socialiste, le cinéaste devient très vite conseiller cinématographique pour le parti d'Allende. Hélas, le coup d'Etat Chilien de 1973 le pousse à fuir en Europe. Le cinéaste a toujours affirmé son amour pour l'Hexagone en y tournant ses principaux films. (une moyenne de deux films par an, soit mieux que Woody Allen !). S'inspirant de son expérience de réfugié politique, il met notamment en scène en 1974 "Dialogue d'exilés" (Dialogo de exilados) et trois ans plus tard "La Vocation suspendue", l'histoire d'un abbé troublé par les querelles idéologiques qui frappe sa propre communauté religieuse.

Fils spirituel de Luis Bunuel, Raoul Ruiz affectionne les projets ambitieux, aux casting prestigieux : "Le temps retrouvé" (1998) d'après Marcel Proust avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Vincent Pérez, John Malkovich, Pascal Greggory , "Généalogies d'un crime" (1996) avec Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Melvil Poupaud, Andrzej Seweryn et Bernadette Lafont. Sans omettre l'année dernière en clôture du festival de Cannes "Les âmes fortes" avec Laetitia Casta, Frédéric Diefenthal, Arielle Dombasle, John Malkovich et Charles Berling d'après le roman de Jean Giono.

Walter Salles / Réalisateur

Walter SallesWalter Salles est le fils d'un riche banquier, élevé en France et aux Etats-Unis. Puis il s'installe au Brésil durant son adolescence. Très vite, il se fait remarquer dans le milieu cinématographique grâce à ses documentaires à la fin des années 80. 1991 marque son passage à la réalisation avec le thriller "A Grande Arte". Mais la crise économique met un frein à sa carrière. Il tourne alors des documentaires pour le compte de la télévision européenne tout en restant au Brésil.

En 1997, il participe à la série de courts-métrages "L'An 2000 vu par..." pour Arte. Et enchaîne avec "Central do Brazil", road-movie entre une vieille dame et un petit garçon. Un film prétexte à dénoncer la misère de son pays. A noter : son nouveau film, "Avril brisé", sort le 26 juin en France.

Sharon Stone / Actrice

Sharon StoneStone, le monde est Stone. En faisant l'ouverture du festival de Cannes en 1991, et un croisement de jambes plus tard, le sulfureux "Basic Instinct" de Paul Verhoven devient un événement et fait de Sharon Stone une star. Née dans une famille modeste, Sharon Stone connaît durant sa jeunesse une scolarité sans faute. A 17 ans, alors qu'elle se présente à un concours , sa beauté n'échappe pas à un agent, qui l'engage aussitôt comme mannequin vedette auprès de la prestigieuse agence Ford. Après plusieurs spots pub, Woody Allen lui confie en 1980 un mini-tôle dans "Stardust Memories". Pendant près de dix ans, Sharon Stone va alors enchaîner les petits rôles au grand écran (dont notamment un officier de police légèrement vêtue dans l'oubliable "Police Academy 4" ).

Sa carrière s'envole réellement dans les années 90, avec la rencontre déterminante de Paul Verhoeven, qui lui confie coup sur coup un rôle dans "Total Recal " et surtout l'énigmatique romancière Catherine Tramell dans "Basic Instinct" avec Michael Douglas. S'ensuit des projets plus ou moins réussis : "Mort ou vif" ("The Quick and the Dead") de Sam Raimi avec les inconnus (à l'époque) Russell Crowe et Leonardo di Caprio, "Sphere" de Barry Levinson avec Dustin Hoffman, l'Expert avec Sylvester Stallone, Diabolique avec Isabelle Adjani. On retiendra donc essentiellement de ces dernières années son excellente prestation dans le non moins excellent "Casino" de Martin Scorsese) avec Robert de Niro.

Dix ans après son sacré à Cannes, celle qui est tombée dans l'oubli compte bien se refaire une santé sur la croisette.

Michelle Yeoh / Actrice et réalisatrice

Michelle YeohMichelle Yeoh est née dans une famille chinoise anglophone (!). Pluridisciplinaire, Michelle Yeoh a aussi bien étudié la danse que la comédie et les arts martiaux. Elue Miss Malaisie en 1983, elle tourne alors une pub avec Jackie Chan. Ce dernier lui met le pied à l'étrier et l'introduit dans le monde du cinéma hong-kongais. Michelle Yeoh se marie alors avec le producteur Dickson Poon en 1986, dont elle divorcera quatre ans plus tard. Succès aidant, elle multiplie les rôles (on l'a vue notamment en 1993 dans "Tai chi master" ("Tai ji zhang san feng") avec Jet Li).Commence alors une carrière à Hollywood en 1997 avec un James Bond, "Demain ne meurt jamais". Naturellement le réalisateur de "Raison et sentiments", "Hulk" et "Chevauchée avec le diable", Ang Lee, la contacte et lui confie le rôle principal féminin dans "Tigre et dragon" ("Wo hu zang long"), avec ses désormais célèbres combats à la "Matrix".

Star du cinéma d'action, elle est par ailleurs productrice et fan de David Cronenberg et David Lynch. Ce qui tombe bien, vu que Lynch est président du festival et que le réalisateur de "eXistenZ", "La mouche" et "Crash" présente en compétition officielle son dernier film, intitulé "Spider".

Régis Wargnier / Réalisateur

Régis WargnierEtonnante sélection que celle de Régis Wargnier pour participer au jury du festival de Cannes. On ne peut pas dire en effet que le cinéaste fasse parti du club des habitués cannois. Son unique sélection remonte en effet à 1992, en tant que scénariste de l'Echang, court-métrage signé Vincent Pérez. Régis Wargnier a débuté au cinéma comme réalisateur de seconde équipe, en 1972, sur La Femme en bleu de Michel Deville. Son premier film, "La Femme de ma vie", brosse le portrait d'un violoniste en proie à l'alcoolisme. Puis il réalise en 1993 Indochine, fresque historique avec Catherine Deneuve et Vincent Pérez, qui remportera d'ailleurs l'Oscar du meilleur film étranger.

Le réalisateur retrouvera d'ailleurs Catherine Deneuve dans "Est-Ouest" (1999) avec Sandrine Bonnaire et Oleg Menshikov. Estampillé d'un profil "qualité française" par les américains, Régis Wargnier a par ailleurs tourné "Une femme française" avec Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil.

 
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