
David
Lynch / Réalisateur, producteur et scénariste
- président du jury
Enfant
taciturne et rêveur, le jeune David
Lynch aime s'isoler dans le jardin familial
afin d'observer le monde qui l'entoure.
A peine sorti de l'Ecole des Beaux-arts
de Pennsylvanie, David Lynch signe deux
courts métrages, intitulés "The Alphabet"
(une fille est recouverte des lettres
de l'alphabet) et "The Grandmother".
Les spectateurs avertis y entrevoient
déjà ses obsessions: un univers noir
et angoissé qui prime sur l'intrigue.
Ce même esprit se retrouve d'ailleurs
dans son premier long, "Eraserhead".
Malgré des conditions de tournages difficiles,
David Lynch impose sa touche : un brûlot
expérimental novateur, qui illustre
le talent de son auteur. Le film devient
rapidement culte et ne manque pas d'attirer
l'attention de Mel Brooks.
Le
producteur lui confie les rennes d'"Elephant
Man". L'histoire d'un personnage défiguré
qui défraya la chronique dans l'Angleterre
victorienne. Son plus grand succès public:
Lynch s'impose dans la cour des grands.
Naturellement, David Lynch voit grand
et n'hésite pas à s'associer au producteur
Dino De Laurenti. Ce dernier l'entraîne
sur le projet ambitieux d'adapter le
chef-d'ouvre de Frank Herbert, "Dune".
Premier échec: le film est noyé sous
les effets spéciaux. Un auteur reconnu
en Europe mais mésestimé dans son pays
d'origine Plus modeste depuis ce revers,
Lynch retrouve un univers plus personnel
en 1986 avec "Blue velvet". Lynch y
rencontrera Isabella Rossellini qui
partagera quelques temps sa vie avec
lui. Le cinéaste divise plus que jamais
mais Lynch décroche au passage une seconde
nomination à l'Oscar. Autre récompense
de son travail, quatre ans plus tard
avec "Sailor et Lula". Un road-movie
déjanté avec Nicolas Cage, qui décroche
la Palme d'or à Cannes.
Ayant imposé sa touche, ses obsessions
et son univers, à l'instar de Tim Burton,
Lynch lance la série télé "Twin Peaks",
qui obtient le succès que l'on sait.
Une réussite dont ne profiteront pas
ses trois autres séries, "American Chronicles"
(1990), "On the Air" (1992) et "Hotel
Room" (1993) et surtout le film "Twin
Peaks" qui déroute les fans de la première
heure. "Lost Highway" catalyse ses défauts
amis aussi ses qualités. Un diamant
noir. Auteur reconnu en Europe mais
mésestimé dans son pays d'origine (comme
bon nombre de ses compatriotes, Woody
Allen ...), David Lynch trompe son monde
et opère un virage à 180 degrés en réalisant
"Une histoire vraie" (présenté
à Cannes), l'histoire d'un vieil
homme qui traverse les Etats-Unis de
long en large pour retrouver son frère
...en tondeuse à gazon. Emouvant mais
un peu longuet.
Titulaire
du prix de la mise en scène en 2001
pour "Mulholland Drive" , il a depuis
mis en place son site Internet, que
l'on pourrait facilement qualifier de
"laboratoire", tant les choses bizarres
et les idées novatrices y sont légion.
Curieux, éclectique, ouvert d'esprit,
imprévisible, David Lynch aime aussi
le cinéma classique (Stanley Kubrick,
Fellini, Billy Wilder), qui marque un
certain bon goût. Nul doute que sa personnalité
affable en font un président de premier
plan.
Bille
August / Réalisateur
Après
des études d'architecture au Danemark
et de photographie en Suède, Bille August
entre à l'Ecole du Film Documentaire
à Stockholm et obtient en 1971 son diplôme
de directeur de la photo à l'Ecole danoise
du Cinéma. L'apprenti cinéaste réalise
alors des courts métrages et des films
publicitaires, tout en travaillant comme
chef opérateur, avant réaliser son premier
film en 1978, intitulé "In my life"
("Honning måne"). S'ensuit Zappa en
1983 et surtout "Twist and Shout" ("Tro,
håb og kærlighed" ) en 1984.
Mais Bille August doit surtout sa renommée
internationale au festival de Cannes,
où il remportera deux fois la Palme
d'or en quatre ans avec "Pelle le conquérant"
("Pelle erobreren") en 1988 (le film
obtiendra par ailleurs l' Oscar du meilleur
film étranger) et "Les Meilleures Intentions"
("Den Goda Viljan") en 1992, sur un
scénario autobiographique d'Ingmar Bergman.
Depuis 1993 il a porté à l'écran des
romans et best-sellers d'Isabel Allende
("La Maison aux esprits" ("The House
of the spirits"), "Smilla" ("Smilla's
Sense of Snow ") avec Julia Ormond d'après
le roman de Peter Høeg et en 1998 s'attaque
au monument de Victor Hugo, "Les Misérables"
avec Uma Thurmann, Claire Danes et Liam
Neeson.
Christine Hakim
/ Réalisatrice et productrice
Souvent qualifiée d'Isabelle Adjani
indonésienne, l'actrice Christine Hakim
est par ailleurs productrice de nombreux
longs-métrages dont "Feuilles sur un
oreiller" de Garin Nugroho (1997) (film
sélectionné à Un Certain Regard), "Whispering
Sands" de Nan Triveni Achnas (2001),
film présenté au festival du film asiatique
de Deauville, auquel elle a fait faux
bond à la dernière minute. Heureusement
pour Gilles Jacob, elle n'est pas coutumière
du fait.
Claude
Miller / Réalisateur
Claude
Miller entre à l'IDHEC en 1962 et profite
de son service militaire pour effectuer
un détour au service cinématographique
des armées. C'est ainsi qu'à partir
de 1965, il apprend son métier comme
assistant aux cotés d'éminents réalisateurs
: Marcel Carné, Jacques Demy, Bresson,
Godard. Claude Miller est par ailleurs
directeur de production de tous les
films de François Truffaut de 1968 à
1975. Après plusieurs courts-métrages
censurés, il réalise en 1975 son premier
long, "La Meilleure Façon de marcher"
(présenté à la Quinzaine des réalisateurs)
et enchaîne avec "Dites-lui que je l'aime"
(avec Gérard Depardieu, Miou-Miou, Claude
Pieplu, Jacques Denis et Dominique Laffin).
En
1981, il réalise "Garde à vue", mémorable
face à face entre Michel Serrault et
Lino Ventura, qui obtient quatre césars
dont celui du meilleur scénario. Si
ses films plaisent à Gilles Jacob, il
ne sont jamais prêts pour être présentés
sur la croisette : "Mortelle randonnée"
(1982), "L' Effrontée" (1985) avec Charlotte
Gainsbourg, "Betty Fisher et autres
histoires" (2001) avec Sandrine Kiberlain,
"La Chambre des Magiciennes" (2000)
avec Anne Brochet. Une chose est sûre
: son prochain long, intitulé "A l'espérance",
avec notamment Nicole Garcia, sera prêt
pour mai 2003. Une sélection
en compétition officielle en
2003 ?
Raoul
Ruiz / Réalisateur
Chilien
peut-être, français sans doute. Prolifique
et iconoclaste, Raoul Ruiz, après avoir
débuté par l'écriture de pièces de théâtre
avant-gardistes au milieu des années
50, est devenu réalisateur dès 1968
avec "Très tristes tigres". Militant
socialiste, le cinéaste devient très
vite conseiller cinématographique pour
le parti d'Allende. Hélas, le coup d'Etat
Chilien de 1973 le pousse à fuir en
Europe. Le cinéaste a toujours affirmé
son amour pour l'Hexagone en y tournant
ses principaux films. (une moyenne de
deux films par an, soit mieux que Woody
Allen !). S'inspirant de son expérience
de réfugié politique, il met notamment
en scène en 1974 "Dialogue d'exilés"
(Dialogo de exilados) et trois ans plus
tard "La Vocation suspendue", l'histoire
d'un abbé troublé par les querelles
idéologiques qui frappe sa propre communauté
religieuse.
Fils spirituel de Luis Bunuel, Raoul
Ruiz affectionne les projets ambitieux,
aux casting prestigieux : "Le temps
retrouvé" (1998) d'après Marcel Proust
avec Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart,
Vincent Pérez, John Malkovich, Pascal
Greggory , "Généalogies d'un crime"
(1996) avec Catherine Deneuve, Michel
Piccoli, Melvil Poupaud, Andrzej Seweryn
et Bernadette Lafont. Sans omettre l'année
dernière en clôture du festival de Cannes
"Les âmes fortes" avec Laetitia Casta,
Frédéric Diefenthal, Arielle Dombasle,
John Malkovich et Charles Berling d'après
le roman de Jean Giono.
Walter
Salles / Réalisateur
Walter
Salles est le fils d'un riche banquier,
élevé en France et aux Etats-Unis. Puis
il s'installe au Brésil durant son adolescence.
Très vite, il se fait remarquer dans
le milieu cinématographique grâce à
ses documentaires à la fin des années
80. 1991 marque son passage à la réalisation
avec le thriller "A Grande Arte". Mais
la crise économique met un frein à sa
carrière. Il tourne alors des documentaires
pour le compte de la télévision européenne
tout en restant au Brésil.
En 1997, il participe à la série de
courts-métrages "L'An 2000 vu par..."
pour Arte. Et enchaîne avec "Central
do Brazil", road-movie entre une vieille
dame et un petit garçon. Un film prétexte
à dénoncer la misère de son pays. A
noter : son nouveau film, "Avril brisé",
sort le 26 juin en France.
Sharon
Stone / Actrice
Stone,
le monde est Stone. En faisant l'ouverture
du festival de Cannes en 1991, et un
croisement de jambes plus tard, le sulfureux
"Basic Instinct" de Paul Verhoven devient
un événement et fait de Sharon Stone
une star. Née dans une famille modeste,
Sharon Stone connaît durant sa jeunesse
une scolarité sans faute. A 17 ans,
alors qu'elle se présente à un concours
, sa beauté n'échappe pas à un agent,
qui l'engage aussitôt comme mannequin
vedette auprès de la prestigieuse agence
Ford. Après plusieurs spots pub, Woody
Allen lui confie en 1980 un mini-tôle
dans "Stardust Memories". Pendant près
de dix ans, Sharon Stone va alors enchaîner
les petits rôles au grand écran (dont
notamment un officier de police légèrement
vêtue dans l'oubliable "Police Academy
4" ).
Sa
carrière s'envole réellement dans les
années 90, avec la rencontre déterminante
de Paul Verhoeven, qui lui confie coup
sur coup un rôle dans "Total Recal "
et surtout l'énigmatique romancière
Catherine Tramell dans "Basic Instinct"
avec Michael Douglas. S'ensuit des projets
plus ou moins réussis : "Mort ou vif"
("The Quick and the Dead") de Sam Raimi
avec les inconnus (à l'époque) Russell
Crowe et Leonardo di Caprio, "Sphere"
de Barry Levinson avec Dustin Hoffman,
l'Expert avec Sylvester Stallone, Diabolique
avec Isabelle Adjani. On retiendra donc
essentiellement de ces dernières années
son excellente prestation dans le non
moins excellent "Casino" de Martin Scorsese)
avec Robert de Niro.
Dix
ans après son sacré à Cannes, celle
qui est tombée dans l'oubli compte bien
se refaire une santé sur la croisette.
Michelle
Yeoh / Actrice et réalisatrice
Michelle
Yeoh est née dans une famille chinoise
anglophone (!). Pluridisciplinaire,
Michelle Yeoh a aussi bien étudié la
danse que la comédie et les arts martiaux.
Elue Miss Malaisie en 1983, elle tourne
alors une pub avec Jackie Chan. Ce dernier
lui met le pied à l'étrier et l'introduit
dans le monde du cinéma hong-kongais.
Michelle Yeoh se marie alors avec le
producteur Dickson Poon en 1986, dont
elle divorcera quatre ans plus tard.
Succès aidant, elle multiplie les rôles
(on l'a vue notamment en 1993 dans "Tai
chi master" ("Tai ji zhang san feng")
avec Jet Li).Commence alors une carrière
à Hollywood en 1997 avec un James Bond,
"Demain ne meurt jamais". Naturellement
le réalisateur de "Raison et sentiments",
"Hulk" et "Chevauchée avec le diable",
Ang Lee, la contacte et lui confie le
rôle principal féminin dans "Tigre et
dragon" ("Wo hu zang long"), avec ses
désormais célèbres combats à la "Matrix".
Star
du cinéma d'action, elle est par ailleurs
productrice et fan de David Cronenberg
et David Lynch. Ce qui tombe bien, vu
que Lynch est président du festival
et que le réalisateur de "eXistenZ",
"La mouche" et "Crash" présente en compétition
officielle son dernier film, intitulé
"Spider".
Régis
Wargnier / Réalisateur
Etonnante
sélection que celle de Régis Wargnier
pour participer au jury du festival
de Cannes. On ne peut pas dire en effet
que le cinéaste fasse parti du club
des habitués cannois. Son unique sélection
remonte en effet à 1992, en tant que
scénariste de l'Echang, court-métrage
signé Vincent Pérez. Régis Wargnier
a débuté au cinéma comme réalisateur
de seconde équipe, en 1972, sur La Femme
en bleu de Michel Deville. Son premier
film, "La Femme de ma vie", brosse le
portrait d'un violoniste en proie à
l'alcoolisme. Puis il réalise en 1993
Indochine, fresque historique avec Catherine
Deneuve et Vincent Pérez, qui remportera
d'ailleurs l'Oscar du meilleur film
étranger.
Le réalisateur retrouvera d'ailleurs
Catherine Deneuve dans "Est-Ouest" (1999)
avec Sandrine Bonnaire et Oleg Menshikov.
Estampillé d'un profil "qualité française"
par les américains, Régis Wargnier a
par ailleurs tourné "Une femme française"
avec Emmanuelle Béart et Daniel Auteuil.