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LES
SECRETS DU VOYAGE DE CHIHIRO - PART II
LE
PREMIER FILM JAPONAIS EN DLP
Le
Voyage de Chihiro est le premier film réalisé par Hayao Miyazaki
colorié et enregistré au format digital. Les données numérisées
ont ensuite été utilisées pour imprimer les pellicules mais aussi
pour conformer le film au format DLP.
Ainsi,
après "Star Wars, La Menace Fantôme"," Toy Story
2", "Dinosaure" et "Les 102 Dalmatiens",
qui ont inauguré le DLP à l'échelle mondiale, Le
Voyage de Chihiro est le premier film japonais employant ce
procédé révolutionnaire, permettant de projeter un film dans des
conditions optimum sans avoir recours à la pellicule et sans craindre
l'usure du temps ou de mauvais transferts.
Sur
le plan sonore, tous les films du studio sont digitalisés depuis
Mimi o sumaseba (1995). Cependant, Le Voyage de Chihiro représenta
un nouveau défi pour les techniciens. En effet, délaissant le fameux
Dolby Digital 5.1, Miyazaki a opté pour le Dolby Digital Surround
EX 6.1 et le DTS-ES, qui permettent de rendre des effets acoustiques
beaucoup plus fins.
Pour
l'instant, Le Voyage de Chihiro est le seul film au monde ayant
bénéficié de toutes les technologies de pointes en terme de traitement
de l'image (Digitalisation intégrale et DLP) et de sons (Dolby Digital
Surround EX 6.1 et le DTS-ES).
UNE
SUCCURSALE EN COREE
Avant
Le Voyage de Chihiro, Ghibli n'avait jamais sous-traité la production
de ses films à l'étranger, contrairement à tous les autres grands
studios américains et japonais.
Les
délais restreints et la réduction d'une partie des effectifs en
raison de la crise économique asiatique ont contraint M. Suzuki
à envoyer M. Tanaka en Corée à la tête d'une équipe chargée de superviser
le labeur des animateurs locaux.Evidemment, il n'était pas envisageable
que le Voyage de Chihiro souffre de cette décision.
Aussi,
messieurs Saitô, Ôhashi, Ishii et Tanaka partirent un 23 mai pour
Séoul et ne revinrent que deux mois et demi plus tard. En règle
générale, le contrôle de qualité exercé par les studios sous-traitant
en Corée n'est pas aussi drastique. Ils se contentent de surveiller
sur place le début de la production et se font ensuite livrer pour
inspection, par voie électronique ou aérienne, une partie seulement
des "cellulos".
L'inertie
du processus se répercute invariablement sur les coûts de production
tout en étant contraire à la logique qualitative. En s'octroyant
la possibilité de surveiller, voire de modifier, l'intégralité des
travaux fournis par les artistes coréens en temps réel, Ghibli a
su utiliser l'intégralité des ressources humaines et techniques
du studio D.R digital, l'un des meilleurs du monde pour le traitement
des images digitales. Dans des domaines très précis, certains studios
coréens sont plus efficaces que leurs homologues japonais.
LA
PERENNITE DE L'OEUVRE
Princesse
Mononoké (1997) continue le périple de Nausicaä (1984).
Le Voyage de Chihiro (2001) prolonge les rêveries de Totoro (1988),
le gros monstre en peluche qui est devenu l'idole des enfants nippons.
Dans Totoro, deux fillettes déménageaient, comme Chihiro, découvrant
émerveillées l'existence des créatures magiques peuplant les forêts
nippones. Curieuses, généreuses, ces héroïnes respiraient la joie
de vivre. Dans Totoro, Miyazaki montrait une famille unie, coexistant
harmonieusement avec son environnement physique et spirituel. Dans
Le Voyage de Chihiro, le cinéaste s'interroge sur la validité actuelle
de ce modèle (Totoro se déroule dans les années 60).
Lors
du déménagement de Totoro, deux enfants euphoriques dévoraient des
yeux le paysage. Dans Chihiro, on découvre une fillette avachie
sur la banquette arrière d'une voiture. D'autre part, quand les
parents de Totoro sont toujours présents, ne serait-ce qu'en pensées,
auprès de leur progéniture, ceux de Chihiro paraissent plus distants.
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