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LE
CHASTE SUR UN MOIS BRÛLANT @@ -
"Ils ont bien le droit de savoir que la locomotive
de leur mère fonctionne toujours !"
Au
départ un concept prétexte à une
avalanche de gags. Soit une ville romantique aux couchers
de soleil rougeoyants (San Francisco et son Golden Gate),
un playboy (Josh Hartnett, qui lit le magazine en question),
un métier dans l'air du temps (une start up avec ambiance
conviviale à la clé). Empacté s'est
pesé.
La
recette manque plutôt d'originalité d'autant
que le réalisateur cumule les élements
irréalistes : une ville capitale des gays transformée
en cité hétérosexuelle blanche, des tops models à
chaque coin de rue (y compris le prêtre au sourire angélique
digne d'Email Diamant).
Un
monde éducoloré où la psychologie
est annihiliée. Encore faut-il préciser
que Michael Lehman n'est guère connu pour sa
finesse. Son dernier film confirme cette tendance, avec
les éternels archétypes sur les rapports
hommes/femmes : les nanas adorent exhiber leur string.
Et les hommes ne pensent qu'à "çà",
c'est bien connu...
La
sensibilité et les complexes sont complètement
occultés. On va vu pire en matière de
misogynie certes. Mais le formatage hollywoodien empêche
tout délire et par conséquent le développement
de tout point de vue.
Durant
ce carême du sexe, on ne voit pas ce qu'il y a de bon
dans l'absence de sexe. Une sorte de jeu où jouir est
un objectif en soi. Cette bestialité est renforcée
par la quasi-absence de sujets intéressants, ces derniers
étant à peine effleurés (le porno
sur le web, le doute...).
Le
spectateur surfe de clichés en caricatures sans avoir
la chance de voir à l'écran ne serait-ce
qu'un embryon de réflexion sur l'abstinence (surtout
quand on sait que Président des USA lui-même prône
ce genre d'attitude dans sa politique contre l'avortement).
Et en ces années sida, cette sexualité débridée
sans protection apparente fait froid dans le dos.
Bon produit marketing, "40 jours et 40 nuits"
n'en reste pas moins plaisant à regarder : Shannyn
Sossamon, dans le rôle d'Erica, a non seulement
un joli sourire à la Julia Roberts et s'avère
plutôt convaincante.
Et le spectateur retiendra, espérons-le, une
jolie scène d'amour virtuelle entre les deux
amants. Une séance de sexe à fleur de peau (un pétale
frôlant l'épiderme) et de souffle délicat (pour
que le contact fasse frissonner la belle).
Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes
: deux minutes de bonheur sur 1 h 36. C'est peu.
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@ir-V Trocc@z -
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