CA
SENT L'PATE -
Ridley
Scott est un réalisateur estimé depuis bien des années,
et la vision répétée de Blade Runner justifie complètement
cette réputation.
Pas
toujours aussi inspiré que pour son adaptation de
Philip K.Dick, Scott s'est néanmoins rappelé à notre
bonne mémoire visuelle avec un certain brio et un
Gladiator glaneur d'Oscars. Et bien avec Hannibal,
cet esthète se double d'un homme courageux.
Ted
Tally, scénariste du Silence
des Agneaux, n'est plus de la partie pour
adapter la suite du bouquin de Thomas Harris. Sérieux
handicap, même si ses remplaçants n'écrivent pas comme
des manches.
Hannibal, le livre, donnant dans la surenchère et
l'auto-dérision, en faire un thriller sérieux et angoissant
n'est pas mince affaire. Et de fait, l'impression
d'assister à du grand n'importe quoi se fait rapidement
récurrente. La visite touristico-gastronomique de
Florence par Lecter, Gary Oldman non crédité au générique
pour cause de assholehead, les phacochères mangeurs
d'hommes, la dégustation de cervelle en plein air
(comprenne qui verra).
Courageux, j'vous l'dis. Enfin bon, donnez le pire
des scénarios au meilleur des réalisateurs, il n'est
nullement dit que cela donnera un bon film à chaque
fois. A la limite, il y aurait bien une raison de
se laisser tenter par ce Hannibal. Dans un rôle où
tout le monde attendait Jodie Foster, Julianne Moore
fait mieux que de l'intérim.
Les
seules scènes à sauver sont ainsi celles où la géniale
actrice de Magnolia est confrontée à Anthony Hopkins.
Quelque chose naît dans la séquence du centre commercial,
où Lecter et Clarice se cherchent, s'effleurent, se
croisent sans se trouver. Puis la tension ne réapparaît
qu'à la fin, confrontation directe.
Diagnostic
: insuffisant pour sauver ce festin annoncé de l'indigestion.
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L@urent C@mite -