VOUS
REPRENDREZ BIEN UN PEU DE PANCREAS ...@@@
Après
un Hannibal de (très) triste mémoire, les De Laurentiis
se sont dit qu'il serait de bon goût de profiter de
son succès commercial pour refaire le premier volet
de la trilogie écrite par Thomas Harris.
L'occasion
pour Anthony Hopkins de reprendre le rôle de Lecter
et de boucler "officiellement" la saga, de façon à
ce que les trois films puissent être vus à la suite
avec un minimum de cohérence visuelle.
Quelle idée géniale. Et dans une logique difficilement
explicable, le projet est confié à Brett Ratner, plus
connu pour ses comédies proprettes (les deux Rush
Hour) que pour son sens du suspens malsain. Et, surprise,
c'est une surprise ! Le bonhomme n'est pas un manchot
de la pellicule et s'en sort beaucoup mieux que prévu.
Certes,
le scénario de Ted Tally (malgré deux trois trucs
passablement invraisemblables) aide bien, tout comme
la photo de Dante Spinotti. Ce qui est déjà moins
le cas avec la musique de Danny Elfman (sursautez,
je le veux).
Bref,
la grande réussite du film réside dans la gestion
des duos. Et là, le choix de Ratner n'est plus si
saugrenu que cela, puisqu'on lui doit les numéros
réussis (dans leur genre) de Chris Tucker et Jackie
Chan associés. Dans Dragon Rouge, ça ne rigole heureusement
pas autant mais ça fonctionne du feu de Dieu. Anthony
Hopkins fait absolument ce qu'il veut d'un personnage
qui lui appartient tout entier. Edward Norton habite
littéralement la gueule de l'emploi qu'il tient dans
le film. Autour d'eux, les seconds rôles (Keitel,
Hoffman.) font le boulot.
Quant
aux scènes entre Ralph Fiennes et Emily Watson, c'est
du grand art, tout simplement. Je vais sans doute
recevoir des mails d'insultes pour écrire cela, mais
lesdites scènes n'ont rien à envier à Hitchcock, qualitativement
parlant. Hopkins-Norton, Fiennes-Watson, le bien le
mal, l'ambiguïté des rapports bourreau-victime. parfait,
l'équilibre est parfait !
Et
la teneur de l'intrigue est largement au dessus de
la moyenne, à tel point qu'un bon jeu vidéo n'aurait
aucun mal à développer le tout pour donner lieu à
quelque chose de passionnant. Si l'implication du
public n'en serait que plus forte, il n'en irait malheureusement
pas de même pour la qualité de la production. Le jour
où des acteurs du standing d'Hopkins ou Ed Norton
joueront dans des jeux, je crois que je serai mort.
Raison de plus pour se précipiter sur ce genre de
film, tant qu'il est encore temps.
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L@urent C@mite -