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En 1961, Soviétiques et Américains ont largement de
quoi détruire toute la planète avec leurs arsenaux nucléaires
respectifs. Afin de répondre aux sous-marins de la Navy
qui ont Moscou dans la ligne du périscope, l'Etat Major
communiste décide de poster son K-19 nucléaire à portée
de Washington. Le commandement de l'engin est confié
au capitaine Vostrikov, homme dont le sens du devoir
ne saurait souffrir aucune mise en doute.
Qualité
qui peut rapidement devenir ambiguë, lorsque l'on a
à son bord des hommes parfois maladroits et un armement
susceptible de déclencher la guerre. Justement, une
fuite de réacteur ne va pas tarder à faire vaciller
le fragile équilibre géopolitique, déjà passablement
tendu en cette période.
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Deuxième
bon film pour le réalisateur de
"Bienvenue à Gattaca" avec Uma Thurmann
et scénariste de "The Truman Show"
avec Jim Carrey, Andrew Niccol. Ce dernier aborde ici
une fois de plus un thème qui lui est cher : l'illusion.
On
retrouve le souci du détail du cinéaste
jusque dans le titre du film, qui ne doit rien au hasard.
Outre le fait d'être un délicieux prénom
féminin, le mot Simone est aussi l'abréviation de "Simulation
One", le nom du programme qui donne naissance à la star...
Pour
incarner la belle, les producteurs ont un temps songé
à réaliser le film avec
une actrice entièrement en images de synthèse.
Mais devant le difficulté de certaines scènes,
le réalisateur a eu recours à une comédienne
bien réelle, Elle est en fait incarnée par une comédienne
inconnue, top model à ces heures, la canadienne
Rachel Roberts, née à Vancouver.
Pour créer cette actrice idéale, le cinéaste
s'est basé sur certaines comédiennes ayant réellement
existé. Un savant mélange de Marilyn Monroe,
Grace Kelly et Audrey Hepburn. La
palette des effets spéciaux auquel l'équipe technique
a eu recours est plutôt impressionnante : écran
vert, effets holographiques, effets numériques ... Quant
aux séquences qui dévoilent l'actrice dans son enveloppe
informatique (celles où le spectateur la voit apparaître
petit à petit), elles ont été confiées à la société
française BUF, basée à Los Angeles.
Le
réalisateur a souhaité ancrer son action dans
la modernité, mais également faire référence à l'âge
d'or du cinéma hollywoodien, situé dans les années 1930.
Andrew Niccol a ainsi demandé au directeur de
la photographie, Edward Lachman, de réunir les éléments
et le style qui ont forgé le mythe des studios : les
grands bâtiments alignés, les publicités géantes mais
sobres, les maisons sur le bord des plages (et tout
particulièrement les années 30). Un décor
intemporel qui renforce l'idée de fable.
La
femme idéale semble par ailleurs être dans
l'air du temps, après le français "Monique"
(où l'excellent Albert Dupontel se voit accompagné
d'une poupée "toujours contente").
A
noter enfin que "S1MøNE"
a été présenté en avant-première
lors du 28e Festival du cinéma américain de Deauville
en septembre 2002.
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BOGUE STAR @@@
Surprise : le nouveau film d'Andrew Niccol est une
comédie. Autant donc vous dire que l'objet ne ressemble
pas beaucoup au précédent effort du réalisateur néo-zélandais,
"Bienvenue à Gattaca".
Le
registre semble plus proche du Truman Show dont Niccol
n'était "que" scénariste (doué, en l'occurrence) :
décors ensoleillés, star à contre emploi (même si
c'est moins flagrant ici pour Pacino que là-bas pour
Jim Carrey), situations absurdes et drolatiques par
la force des choses. Il ne s'agit pas d'anticipation
comme c'était le cas avec le génie génétique (et filmique)
de Gattaca mais bien d'une sorte de fable moderne,
d'une allégorie non pas du monde de la télé-réalité
mais du show biz hollywoodien.
Le
spectateur cultivé pensera évidemment à Faust, à Pygmalion,
mythes actualisés pour la énième fois mais à la lumière
d'un nouveau prisme : la technologie. Le sujet était
idéal pour un réalisateur apparemment tiraillé par
des obsessions philosophiques (troubles identitaires,
manipulations des masses comme de l'individu.) dont
le pessimisme rappellerai Kubrick.
Les
exégètes en tout genre pourront disserter sur la filiation
cinématographique entre les deux metteurs en scène,
toujours est-il que S1m0ne laisse un peu sur sa faim.
Les situations de plus en plus impossibles dans lesquelles
se fourrent le personnage joué par Al Pacino (avec
une sorte de gourmandise irrationnelle) font mouche
mais, curieusement, difficile de s'intéresser réellement
au sort des différents protagonistes, comme si l'aspect
artificiel de la star virtuelle (jouée par une véritable
actrice) contaminait tous les personnages, certains
étant d'ailleurs plus superficiels que la créature
numérique dès le départ.
Mais la faute n'en revient assurément pas aux comédiens,
tous aussi excellents les uns que les autres. Et le
rire proposé, tant en quantité qu'en qualité, vaut
bien que l'on s'attarde deux heures dans l'univers
unique du cinéaste.
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L@urent C@mite -
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