L'été américain 2002

 

L'été américain 2002

L'été américain 2002

 

 

L'été américain 2002

Simone

S1MøNE
USA / 2002
Sortie en France le 18 septembre 2002

Fiche technique

  • Production : New Line Cinema
  • Réalisation : Andrew Niccol ("Bienvenue à Gattaca") Scénario : Andrew Niccol
  • Musique : Carter Burwell
  • Photo : Edward Lachman
  • Montage : Paul Rubell
  • Durée : 1 h 55
  • DISTRIBUTION :

    Al Pacino (Viktor Taransky)

  • Rachel Roberts (Simone)
  • Catherine Keener (Elaine Christian)

  • Jay Mohr (Hal Sinclair)

  • Winona Ryder (Nicola Anders)

Synopsis

 

En 1961, Soviétiques et Américains ont largement de quoi détruire toute la planète avec leurs arsenaux nucléaires respectifs. Afin de répondre aux sous-marins de la Navy qui ont Moscou dans la ligne du périscope, l'Etat Major communiste décide de poster son K-19 nucléaire à portée de Washington. Le commandement de l'engin est confié au capitaine Vostrikov, homme dont le sens du devoir ne saurait souffrir aucune mise en doute.

Qualité qui peut rapidement devenir ambiguë, lorsque l'on a à son bord des hommes parfois maladroits et un armement susceptible de déclencher la guerre. Justement, une fuite de réacteur ne va pas tarder à faire vaciller le fragile équilibre géopolitique, déjà passablement tendu en cette période.

 

Revue de détails

 

Deuxième bon film pour le réalisateur de "Bienvenue à Gattaca" avec Uma Thurmann et scénariste de "The Truman Show" avec Jim Carrey, Andrew Niccol. Ce dernier aborde ici une fois de plus un thème qui lui est cher : l'illusion. On retrouve le souci du détail du cinéaste jusque dans le titre du film, qui ne doit rien au hasard. Outre le fait d'être un délicieux prénom féminin, le mot Simone est aussi l'abréviation de "Simulation One", le nom du programme qui donne naissance à la star...

Pour incarner la belle, les producteurs ont un temps songé à réaliser le film avec une actrice entièrement en images de synthèse. Mais devant le difficulté de certaines scènes, le réalisateur a eu recours à une comédienne bien réelle, Elle est en fait incarnée par une comédienne inconnue, top model à ces heures, la canadienne Rachel Roberts, née à Vancouver.

Pour créer cette actrice idéale, le cinéaste s'est basé sur certaines comédiennes ayant réellement existé. Un savant mélange de Marilyn Monroe, Grace Kelly et Audrey Hepburn. La palette des effets spéciaux auquel l'équipe technique a eu recours est plutôt impressionnante : écran vert, effets holographiques, effets numériques ... Quant aux séquences qui dévoilent l'actrice dans son enveloppe informatique (celles où le spectateur la voit apparaître petit à petit), elles ont été confiées à la société française BUF, basée à Los Angeles.

Le réalisateur a souhaité ancrer son action dans la modernité, mais également faire référence à l'âge d'or du cinéma hollywoodien, situé dans les années 1930. Andrew Niccol a ainsi demandé au directeur de la photographie, Edward Lachman, de réunir les éléments et le style qui ont forgé le mythe des studios : les grands bâtiments alignés, les publicités géantes mais sobres, les maisons sur le bord des plages (et tout particulièrement les années 30). Un décor intemporel qui renforce l'idée de fable.

La femme idéale semble par ailleurs être dans l'air du temps, après le français "Monique" (où l'excellent Albert Dupontel se voit accompagné d'une poupée "toujours contente").

A noter enfin que "S1MøNE" a été présenté en avant-première lors du 28e Festival du cinéma américain de Deauville en septembre 2002.

 

Critique

BOGUE STAR @@@

Surprise : le nouveau film d'Andrew Niccol est une comédie. Autant donc vous dire que l'objet ne ressemble pas beaucoup au précédent effort du réalisateur néo-zélandais, "Bienvenue à Gattaca".

Le registre semble plus proche du Truman Show dont Niccol n'était "que" scénariste (doué, en l'occurrence) : décors ensoleillés, star à contre emploi (même si c'est moins flagrant ici pour Pacino que là-bas pour Jim Carrey), situations absurdes et drolatiques par la force des choses. Il ne s'agit pas d'anticipation comme c'était le cas avec le génie génétique (et filmique) de Gattaca mais bien d'une sorte de fable moderne, d'une allégorie non pas du monde de la télé-réalité mais du show biz hollywoodien.

Le spectateur cultivé pensera évidemment à Faust, à Pygmalion, mythes actualisés pour la énième fois mais à la lumière d'un nouveau prisme : la technologie. Le sujet était idéal pour un réalisateur apparemment tiraillé par des obsessions philosophiques (troubles identitaires, manipulations des masses comme de l'individu.) dont le pessimisme rappellerai Kubrick.

Les exégètes en tout genre pourront disserter sur la filiation cinématographique entre les deux metteurs en scène, toujours est-il que S1m0ne laisse un peu sur sa faim. Les situations de plus en plus impossibles dans lesquelles se fourrent le personnage joué par Al Pacino (avec une sorte de gourmandise irrationnelle) font mouche mais, curieusement, difficile de s'intéresser réellement au sort des différents protagonistes, comme si l'aspect artificiel de la star virtuelle (jouée par une véritable actrice) contaminait tous les personnages, certains étant d'ailleurs plus superficiels que la créature numérique dès le départ.

Mais la faute n'en revient assurément pas aux comédiens, tous aussi excellents les uns que les autres. Et le rire proposé, tant en quantité qu'en qualité, vaut bien que l'on s'attarde deux heures dans l'univers unique du cinéaste.

- L@urent C@mite -

 

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