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Quatre
ans après le carton mondial d'"Il faut sauver le
soldat Ryan" de Steven Spielberg avec Tom Hanks,
le film de guerre fait son grand retour. Un genre en
soi.
Ces
deux dernières années, de nombreux réalisateurs ont
surfé sur le succès du film de Spielberg : "L'enfer
du devoir" avec Tommy Lee Jones, "The patriot"
avec Mel Gibson, "Stalingrad" de Jean-Jacques
Annaud avec Jude Law, "La ligne rouge" de Terence
Malick ou encore "Pearl
Harbor" avec Ben Affleck.
S'ajoutent
à cette longue liste "En territoire ennemi" de
John Moore avec Owen Wilson ("Zoolander") et
Gene Hackman, "La chute du faucon noir" de Ridley
Scott, "Nous étions soldats" ("We were soldiers")
de Randy Wallace avec le décidément patriotique Mel
Gibson et "Mission
Evasion" ("Hart's
war") avec Bruce Willis. Avec à chaque
fois une reconstitution plus ou moins sanglante des
champs de bataille. Soit un habile détournement de la
réalité, ou l'art de transformer ce qu'on pourrait qualifier
de fiascos militaires en hymne au courage de ces chers
soldats ricains. Encore faut-il préciser que derrière
chaque produit marketing à la gloire des enfants du
pays de l'Oncle Sam se cache un certain Jerry Bruckheimer,
digne représentant du Pentagone.
Chacune
de ses productions ("Top Gun" avec Tom Cruise,
"Pearl Harbor") bénéficiant au passage de l'aval
de l'armée et ses conseillers. Tout le monde est content
: les militaires qui bénéficient ainsi une pub géante,
le gouvernement qui voit le public se complaire dans
un patriotisme de bon aloi, les producteurs et autres
pontes d'Hollywood qui se font une joie de voir remplir
leur tiroir-caisse.
Qu'importe
d'ailleurs la nature et le lieu du conflit : guerre
du Vietnam ("Nous étions soldats"), Bosnie ("En
territoire ennemi"), Somalie ("Black Hawk Down
- La chute du faucon noir") et l'inusable seconde
guerre mondiale : ("Mission
Evasion - Hart's War"). Une illustration du
courage des soldats américains qui nous amène tout naturellement
à nous interroger sur d'éventuelles modifications et
orientations précises données par le gouvernement, suite
aux évènements du 11 septembre 2001.
Une
manière de relancer la fibre patriotique ? Pas si sûr.
Car si des rencontres ont été organisées entre les patrons
des principaux studios hollywoodiens (Universal, Columbia)
et des représentants du gouvernement, afin de déterminer
le rôle d'Hollywood dans l'effort de guerre, la plupart
des films précités étaient déjà finis d'être tournés
et montés avant même les évènements du World Trade Center.
Visiblement, ce n'est pas encore le grand retour des
films de commande et de propagande comme par le passé
(Frank Capra, John Huston .).
Mais ces évènements du fameux 11 septembre n'ont en
revanche pas été sans conséquence sur la sortie de certains
films, comme "Windtalkers" de John Woo avec Nicolas
Cage, qui sortira finalement le 14 juin 2000 aux USA
et le 4 septembre de la même année en France. Selon
la MGM, qui produit le film, il s'agissait avant tout
de problème de marketing et de ciblage du public. Et
si il s'agissait plutôt d'une question de sujet sensible
?
La
recette, en apparence évidente (un zeste d'action saupoudrée
de ferveur nationale), ne s'avère en revanche pas forcément
rentable à tous les coups : "Nous étions soldats"
et "Mission Evasion"
("Hart's War")
par exemple n'ont pas remporté le succès escompté, loin
de là. Ce qui n'a pas empêché les studios de multiplier
les projets : "Charlotte Gray" avec Cate Blanchett
("Lord of the rings"), "Windtalkers" de
John Woo sans omettre "Gods and General" avec
Mira Sorvino et Robert Duvall.
Si ces derniers remportent un certain succès, nul doute
que le public sera à nouveau gavé de produits à la gloire
du Pentagone : Jerry Bruckheimer vient ainsi de mettre
en chantier avec ABC une série intitulée "Profils
de Front" et on parle même d'un nouveau Rambo. Gageons
que le soufflé retombera très vite et qu'on retiendra
davantage par la suite pour la postérité le nouveau
Robert Altman ("Voltage" sur la guerre du Golfe)
et "Buffalo Soldiers" avec Ed Harris ("A beautiful
Mind", "Stalingrad", "Apollo 13") et Joaquin Phoenix
("Gladiator", "The Yards").
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@ir-V Trocc@z -
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