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ALOHA
OU LE RESPECT DE LA NATURE
La
terre d'Hawaii, à jamais préservée dans ce qui est juste et droit
devise officielle de l'état de Hawaii Contrairement aux idées reçues,
la découverte de l'archipel d'Hawaii revient aux polynésiens eux-mêmes
et non pas au Capitaine Cook. Probablement originaires de Tahiti
ou des Marquises, nul ne sait comment, sans carte ni compas, ils
effectuèrent cette migration près de mille ans avant le Capitaine
anglais.
Sans doute grâce à leur savoir immense et à leur capacité d'observation
développée jusqu'à l'instinct, jusqu'au point de ressentir le mana,
le pouvoir qui est en toute chose. Estimés à 300 000 en 1778, les
natifs hawaiiens ne sont plus que 40 000 en 1893. La "civilation"
amène avec elle ses fléaux et des maladies inconnues qui déciment
la population. He'enalu - le surf - rassemble sur les plages les
jours de houle des villages entiers, mais, comme le Hula - danse
exécutée pour satisfaire les Dieux - cette activité déplait aux
missionnaires calvinistes, porteurs de la "bonne parole".
A
cette époque et depuis toujours à Hawaii, le surf est au centre
de la vie polynésienne, les surfeurs font appel aux Kahunas, leurs
prêtres et chamans, et entonnent des chants dédiés à la mer. Les
jours de vagues parfaites, la vie s'arrête et des villages entiers
descendent vers la mer où garçons et filles font la démonstration
de leur agilité. La vie sociale et spirituelle vit au rythme des
exploits des surfeurs. Contrairement à la légende, le surf n'est
pas réservé à la royauté polynésienne. Bien que les Ali'i, les rois,
les chefs coutumiers, possèdent un statut particulier et disposent
du meilleur bois pour y tailler les planches, l'océan constitue
un sanctuaire où tous sont égaux sur la vague.
Hawaii
s'est fait connaître du monde entier par le charme de sa culture.
Grâce à des légendes comme celle du "Duke", médaillé olympique et
champion sur les vagues, le surf a connu sa renaissance. La pratique
ancestrale et coutumière d'un peuple indigène est devenue l'un des
sports phare de ce début de millénaire. Ukulele, chemises imprimées
et colliers de fleurs sont désormais les symboles d'un art de vivre
unique et inimitable. La survie de cette culture trouve une explication
dans la force de ses valeurs les plus fondamentales.
Des
valeurs spirituelles, des valeurs de cour telles que l'humilité,
le respect, le partage, l'écoute des anciens, la relation à la Nature.
Des valeurs qui tiennent en un seul mot : ALOHA. Pour les amoureux
des vagues, hawaiiens ou non, l'Aloha possède une couleur, celle
du ciel et de l'océan, celle du lagon et du grand large, la couleur
des vagues qui lèvent sur l'immensité.
UN
PARADIS
Posé
au milieu de l'océan Pacifique, entre la Californie et le Japon,
l'archipel d'Hawaii a la réputation d'être un paradis sur terre.
Officiellement découvert par le capitaine James Cook le 18 janvier
1778, ce chapelet d'îles est en fait peuplé de Polynésiens probablement
venus des Marquises quelque neuf siècles plus tôt.
La situation des îles, leur climat extrêmement favorable à l'homme,
vont en faire successivement un port de relâche pour les marines
à voiles, une terre de culture exceptionnelle pour la canne à sucre,
une tête de pont de la flotte américaine Pacifique et l'un des lieux
touristiques les plus prisés de la planète. Situé juste au sud du
tropique du Cancer, l'archipel bénéficie d'un climat rare.
Les
sommets volcaniques ont façonné un relief accidenté et varié et
l'influence océanique apporte sa douceur. S'étalant sur 650 kilomètres,
l'archipel ne constitue en fait que la partie émergée d'une dorsale
sous-marine. On dénombre huit îles principales dont sept sont habitées.
La plus grande est Hawaii - à elle seule les trois quarts de la
surface de l'archipel ; viennent ensuite Oahu et la capitale Honolulu,
qui regroupe les trois quarts de la population, et enfin Maui, Kauai,
Molokal, Lanai, Kahoolawe et Nihau.
C'est
sur l'île d'Hawaii que l'on trouve le plus grand volcan actif du
monde, le Mauna Loa, qui culmine à 4 169 mètres.
UN
METISSAGE UNIQUE
A
la faveur des campagnes de pêche et du développement de la culture
de la canne à sucre, beaucoup de colonies sont venues s'adjoindre
aux natifs. Chinois, Japonais, Philippins, Coréens, Portugais, Espagnols,
Portoricains, Russes, Allemands, Norvégiens débarqueront ici pour
travailler le temps d'un contrat ou s'installer définitivement.
Le résultat de cet incroyable mélange a façonné un mode de vie et
une culture uniques au monde. La douceur du climat et les rudesses
de l'histoire ont aussi apporté leur contribution. Même si les étrangers
blancs, les Haoles, ont fait main basse sur la plupart des terres
et des industries, ils n'ont pas réussi à affaiblir la culture des
vrais Hawaiiens. Cet esprit, écologique avant l'heure, fait une
grande place à la musique et aux chansons traditionnelles.
UNE
TRADITION QUI RESISTE A L'HISTOIRE
Pour des raisons économiques d'abord, militaires ensuite, les Etats-Unis
prennent rapidement conscience de l'emplacement stratégique que
constitue l'archipel. Une collaboration étroite et une implantation
militaire américaine se mettent en place. Tête de pont de la flotte
Pacifique, l'archipel est projeté au premier plan de l'histoire
de la Seconde Guerre mondiale avec l'attaque surprise de Pearl Harbor
à l'aube du 7 décembre 1941. Le monde découvre l'existence de ces
îles et leur importance. Ce n'est que le 21 août 1959 que Hawaii
devient le 50ème Etat américain, le seul non-continental, au terme
d'un référendum.
Le
niveau de vie y est l'un des plus élevés du monde. L'archipel tire
ses ressources de la présence militaire américaine (72 000 hommes
et leurs familles) puis viennent le tourisme (7 millions de visiteurs
en 2001) et enfin la culture de la canne à sucre (743 000 tonnes
de sucre brut en moyenne par an) et en moindre importance, celle
de l'ananas. La place sans cesse croissante du tourisme remet la
culture hawaiienne au goût du jour. Beaucoup d'artistes, au premier
rang desquels Elvis Presley, ont contribué à rendre célèbres les
mélodies et les instruments si particuliers de ces îles enchanteresses.
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