CRITIQUE
VERS
L'EQUILIBRE DE LA FORCE @@@
Au
petit jeu de la comparaison qui ne peut pas manquer de s'opérer
entre ce nouvel épisode et la très décevante Menace
Fantôme, Lucas nous rappelle qu'il en a encore
suffisamment dans la caméra pour nous éblouir pendant quelques
temps. Après s'être grassement gavé de surcharge numérique
dans l'épisode
I, le bon Georges se remontre apte à raconter
des histoires et à créer de véritables ambiances cinématographiques.
Les différentes planètes que l'on découvre (ou redécouvre)
ici en compagnie des chevaliers Jedi apportent ainsi toutes
leur eau au moulin de la mythologie Star Wars (la guerre
des clones évoquée dans La
Guerre des Etoiles, l'histoire du
chasseur de primes Boba Fet…). Il est vrai que Lucas puise
allègrement dans tout ce qu'Hollywood a fait de plus rentable
ces dernières années : des créatures à la Starship Troopers,
une scène d'arène genre Gladiator, quelques éléments de
thriller pour entamer tout en obscurité, des séquences tout
droit sorties d'un jeu vidéo… et bien évidemment la présence
de Christopher Lee (vraiment très classe, par ailleurs)
en Jedi maléfique qui nous évoque inévitablement son personnage
du Seigneur des Anneaux.
Mais
qu'importe après tout, le souffle épique qui faisait cruellement
défaut à La
Menace Fantôme est
bien là et, dans l'esprit de la première trilogie, l'humour
n'a pas été oublié (la mise à l'écart, au début du film,
de l'insupportable Jar-Jar aide bien, en effet). Pour les
rabat-joie de service, le film est promis à un statut de
sommet kitsch (et vas-y qu'on se roule dans l'herbe et qu'on
se drague au coin du feu pendant que l'univers est à feu
et à sang), mais quelle grosse production hollywoodienne
n'est pas perçue comme kitsch, de nos jours ?
Les vrais adeptes se délecteront plutôt des étourdissantes
séquences au sabre laser et en particulier de la dernière
du film qui réserve aux fans hardcore de Star Wars une surprise
de choix (donc chut !). Tout ce bon cinoche conduit le spectateur
sans (trop) de peine jusqu'à la fin de l'épisode en instaurant
dans les esprits tout ce qu'il faut d'impatience pour espérer
le meilleur de l'épisode qui reste à venir ; qu'Anakin y
deviendra Dark Vador, c'est entendu, mais quand, où, comment
?
Le côté obscur gagne du terrain (pas mal, Hayden Christensen)
et la beauté de Natalie Portman (au sommet de sa forme,
comme dirait Obi-Wan) n'y pourra rien…
Avec
enthousiasme attendre désormais le prochain épisode il faut,
jeune Jedi.
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L@urent C@mite -