|
SYNOPSIS
Sur
fond de trafic de stupéfiants, trois histoires et plusieurs
destins s'entrecroisent.
Au
Mexique, un policier corrompu sombre dans une situation
intenable.
Aux
Etats-Unis, un juge de la lutte anti-drogue découvre
que sa fille est devenue toxicomane.
Enfin,
à San Diego, la femme d'un trafiquant arrêté tente de
sauver sa famille...
CRITIQUE
L'HEURE
HASH @@@@
Après
s'être attaqué aux multinationales avec "Erin Brockovich",
Steven Soderbergh démonte le circuit de la drogue du
premier maillon (le cartel mexicain) aux consommateurs
( les jeunes WASP) sans occulter ceux qui la combattent,
en vivent ou en meurent.
Une sorte de kaléidoscope, où plusieurs histoires
s'intercalent, se croisent, se frôlent.
En racontant trois histoires en parallèle, le réalisateur
de "Sexe, Mensonge et vidéo" n'a guère choisi la facilité.
Mais
à la complexité d'un récit Tarantinesque, Soderbergh
substitue un scénario épuré et une mise en scène elliptique.
Pas
besoin de générique (un simple "Traffic" en bas à gauche
de l'écran), ni d'introduction préalable.
En donnant à chaque lieu une tonalité unique, Soderbergh
évite les écueils.
Le travail sur la lumière, superbe, facilite l'immersion
du spectateur dans le réçit: bluffant
de virtuosité, prodigieux de simplicité. Les histoires
se connectent préservant une vision globale du problème.
Toute la hiérarchie du système devient limpide.
Entre
le bleu polaire, l'ambiance froide de Washington et
le jaune saturé du Mexique, le spectateur, omniscient,
vit le problème de la drogue de l'intérieur. Baladé
mais jamais égaré.
Et
la musique, omniprésente, participe elle aussi à l'action.
Par intermittence, elle joue sur les réverbérations
jusqu'à devenir oppressante. Un bruit sourd, comme après
une prise de drogue.
La
psychologie des personnages, en demi-teinte, la justesse
de l'interprétation, viennent parfaire le tout : Michael
Douglas en lutte contre un fléau qui ravage son pays
mais aussi des membres de sa famille.
Benicio
Del Toro, policier intègre dans un pays oû la drogue
gangrène toute l'économie, la société jusqu'à l'état
lui-même.
Catherine
Zeta-Jones tiraillée entre son instinct maternel et
son mari emprisonné.
Mieux
encore: sans jamais exhiber les produits illicites,
Soderbergh aborde tous les problèmes : démentèlement,
répression, prévention, coercition, dépendance.
A
défaut de délivrer l'ultime témoignage, Soderbergh,
en totale connexion avec son époque, apporte une pierre
angulaire sur un sujet délicat.
Un
film passionnant, à mi-chemin entre documentaire et
fiction. Une
véritable synthèse sur le problème de la drogue. Ici
on ne trouvera pas de bon, ou de méchants, de happy
end ou de solution facile : si la solution existe, elle
ne peut être que globale.
-
@ir-V Trocc@z -
|