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TOURNAGE
LE
TOURNAGE
Le
tournage a commencé en mars 2001. Wes Anderson et
son équipe avait 240 scènes à réaliser pour 60 jours
de tournage.
Mathématiquement
cela signifiait qu'il fallait tourner quatre scènes
par jour. Certaines scènes ont été filmées au court
central du West Side Tennis Club, sur le toit de Boy's
Harbor School qui surplombe Central Park, au Waldorf
Astoria - la résidence de Royal, le Lindbergh Palace
Hotel - et sur un bateau, le Kingspointer. Les "vignettes"
qui montrent la famille Tenenbaum autour du monde,
en Jamaïque, en Antarctique, sur l'Amazone, en Nouvelle-Guinée,
dans l'Indiana, le Dakota du Nord, à Paris et dans
l'Himalaya ont été filmées à Yonkers, Westchester
et dans le New Jersey.
La notion de groupe s'est construite au fur et à mesure
et plutôt hors du plateau que devant la caméra. Une
salle avait été aménagée dans la maison, où tous les
acteurs se rassemblaient. Plutôt que d'aller chacun
dans leur caravane, ils venaient parler ensemble,
sérieusement ou non.
CREER
L'UNIVERS DE LA FAMILLE TENENBAUM
Le
trio de créateurs s'est entouré des mêmes personnes
que pour leurs précédents projets.
Un
an avant le tournage, Anderson et son équipe ont effectué
des repérages à New York et dans les environs de la
ville. Le réalisateur voulait capter un certain esprit
de la vie de la Grosse Pomme, l'impression d'un New
York imaginaire. La vile fétiche de Woody Allen est
un peu traité comme Londres dans Mary Poppins.
Cette
notion de cité stylisée, proche du conte de fées,
fait appel à des éléments caractéristiques comme les
taxis omniprésents et des endroits comme Archer Avenue,
Mockingbird Heights, les Archives Publiques, la 375e
Rue Y et les transports publics comme le ferry d'Irving
Island, l'Express de la 22e Avenue ou les bus Greenline.
Wes
Anderson et son équipe ont créé un univers dans lequel
le sens de la réalité est intensifié et embelli. Au
départ, Anderson pensait tourner en studios pour exagérer
l'aspect irréel, avant de se rétracter : il fallait
éviter trop d'imaginaire et au contraire asseoir l'histoire
sur une base réaliste en la faisant se dérouler dans
une vraie maison et de vraies rues.
LA
MAISON DES TENENBAUM
La
maison est l'un des personnages du film. Le chef décorateur,
David Wasco a choisi un petit manoir en mauvais état
d'un quartier ancien de Harlem appelé Hamilton Heights,
au coin de la 144e Rue et de Convent Avenue. La maison
comportait plusieurs éléments voulus par le scénario
: salon, salle à manger, salle de séjour, vestibule,
et même les trois chambres superposées des enfants.
Il
y avait aussi une terrasse sur le toit où Richie pouvait
élever ses faucons. La maison avait un aspect extérieur
qui convenait au film et une atmosphère un peu surannée
digne des vieilles demeures familiales. Cette demeure
devait vraiment avoir une histoire, impossible à obtenir
en studios. Les acteurs devaient pouvoir entrer dans
la peau de leur personnage en évoluant dans la maison
où ils avaient grandi. Les rares éléments manquants,
comme la cuisine, le bureau d'Etheline et la salle
de bal ont été trouvés dans des propriétés voisines.
Chaque
pièce a été décorée pour refléter la personnalité
des êtres qui l'habite. Le bureau d'Etheline a été
élaboré après avoir consulté la Société d'Archéologie
de New York et la mère de Wes Anderson, elle-même
archéologue. Les chambres des enfants n'ont pratiquement
pas changé depuis leur enfance. Eric Anderson, frère
du réalisateur, artiste et illustrateur de talent,
a lui aussi apporté sa contribution. Dès les premiers
contacts, il a envoyé à Gene Hackman et Anjelica Huston
des dessins les représentant sous les traits de leur
personnage.
Il
a peint les ouvres de Richie, dont dix-sept portraits
de Margot, qui décorent les murs de la salle de réception.
Eric Anderson a également peint les fresques murales
de la chambre de Richie qui relatent l'histoire de
la famille Tenenbaum. Les deux frères Anderson qui
sont les auteurs des dessins d'enfants qu'Etheline
accroche dans le vestibule.
COSTUMES
Karen Patch, collaboratrice d'Anderson sur ses deux
précédents films, et le réalisateur ont commencé à
penser aux costumes en avril 2000, avant même la fin
de l'écriture du scénario, et en ont parlé cinq mois
avant qu'elle ne le lise. Dans ses films, Wes Anderson
aime inclure l'idée d' "uniformes". Ici, ces "uniformes"
aident à renforcer l'idée que les enfants Tenenbaum
sont restés figés dans l'enfance.
Une
partie de l'histoire tient à la façon dont ils sont
restés liés à ce qu'ils étaient à l'âge de dix ans.
Leur caractère, leur personnalité se sont en grande
partie formés à ce jeune âge, et à 30 ans, ils ont
le même style de vêtements et la même coiffure.
LA
MUSIQUE
Wes Anderson entretient une profonde passion pour
la musique et l'utilise à chacune des étapes de la
création de ses films. Elle est d'ailleurs omniprésente
dans "La famille Tenenbaum", avec notamment
"Hey Jude" dans l'introduction.
Au
moment de l'écriture, Anderson faisait souvent écouter
une chanson à ses collaborateurs pour expliquer ce
qui se passait dans telle ou telle scène. Le réalisateur
faisait écouter aux acteurs des musiques très différentes,
afin de les influencer. La musique composée par Mark
Mothersbaugh apporte énormément à la texture du film.
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