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MATRIX
RELOADED
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La
matrice veut éliminer Néo et ses complices. Hors, des virus
ont été introduits dans le système. Les Virii, de leur nom de
code, sont programmés pour infecter Néo et le neutraliser. Éjecté
de la matrice, Néo se retrouve dans le vrai monde, sans pouvoirs
et incapable d'y retourner.
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REVUE
DE DETAILS
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| Non
contents d'avoir révolutionné les effets spéciaux au cinéma
avec Matrix,
les frèros Wachowski ne vont pas se contenter de l'élever
: il comptent tout simplement l'anéantir. A ce titre "Matrix
Reloaded" et "Matrix
Revolutions", qui sortent à six mois d'intervalle,
sont indéniablement les deux films les plus attendus de l'année
2003. Le studio Warner, conscient du potentiel commercial
des deux suites, a investit près de 300 million de dollars
dans les deux films. Soit, à titre indicatif, largement plus
que le budget des trois "Seigneur
des Anneaux / The Lord of the Ring". On retrouve
dans le rôle principal Keanu Reeves, alias Neo, qui était
devenu carrément un super-héros à la fin de Matrix.
Keanu
reeves a reçu un joli chèque de trente millions de dollars pour
son rôle, auquel s'ajoutent les 15 pour cent des recettes des
deux prochains films. Le personnage de l'agent Smith a aussi
évolué, puisqu'il peut se multiplier comme un virus. Du coup,
Néo affrontera simultanément plusieurs répliques de l'agent
Smith lors d'une scène de combat titanesque, qui a nécessité
.27 jours de tournage. De coup se faire une bonne idée de l'ampleur
du projet.
Le
tournage a eu lieu à Oakland et Alameda (en Californie) en
mars 2001, avant de ce déplacé l'été à Sydney dans les studios
australiens de la Warner. Quelques frenchies ont rejoint le
projet en cours de route, dont Monica Bellucci ("L'appartement",
"Le
pacte des loups", "Irréversible")
et la très classe Lambert Wilson ("Jet Set", On connaît la
chanson").
Longtemps
Jet Li ("Le baiser mortel du dragon") a été en pourparlers (pendant
plus de huit mois) pour interpréter un ennemi de Keanu Reeves.
L'acteur n'a finalement pas voulu se contenter des trois "petits"
million de dollars qu'on lui proposait : il en espérait dix
de plus.
Après
avoir entendu le nom de Michelle Yeoh, c'est finalement Collin
Chou, un acteur venu de Chine, qui interprétera le rôle de Seraph.
Le rôle de Zee, qui devait revenir à la chanteuse Aaliyah a
échoué, suite à la mort de cette dernière, à Nona Gaye, fille
du chanteur Marvin, qui a fait ses début au cinéma dans Ali
de Michael Mann avec Will
Smith.
A
signaler que les spectateurs ne verront pas l'effet Bullet-time
dans les deux films. Ecourés par le nombre incalculable de
clippeurs et autres réalisateurs ayant utilisé cet effet,
les frères Wachowski ont décidé de s'en passer. Pour faire
encore mieux, bien sûr.
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CRITIQUE
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LES
FANS DE TECHINE VONT PAS AIMER @@
Petite
mise au point préalable : vous traversez une période "salauds
d'impérialistes américains" ?
N'allez
pas voir ce film, vous partez dans l'idée de perdre votre temps
et votre argent. Vous voulez du fond, de la psychologie, du
face à face discursif intense et par dessus tout, vous n'aimez
pas le côté irréaliste des films d'action ? Passez votre chemin,
le Bon voyage de Rappeneau est peut-être encore à l'affiche,
à moins qu'il n'ait déjà causé le désespoir de ses producteurs.
Toujours
là ? Bien. Alors, aussi bon que le
premier ? Certes, le
choc claque moins fort à la figure. Le public connaît l'univers,
le postulat du monde virtuel, les nouveaux pouvoirs de
Neo. Et pourtant, les frères Wachowski livrent une suite intrinsèquement
aussi bonne que l'épisode
précédent.
Soit
: un film d'action qui repousse (encore ne fois, oui) les
limites visuelles du genre agrémenté d'un scénario avant-gardiste
que tout le monde trouvera simple et trivial dans quelques
années. Ces derniers temps, le public devient exigeant comme
une famille de bourgeois et aime faire savoir qu'il ne saurait
se contenter d'action pure. Mais rien ne m'enlèvera de l'idée
que le cinéma d'action est tout sauf un sous-genre et qu'il
compte ses chef-d'ouvre comme les comptent les drames psychologiques
ou les comédies sentimentales. Comment rester blasé devant
cette longue et étourdissante séquence d'autoroute ? Comment
renâcler face à ces scènes de combat qui traduisent à la perfection
les sensations éprouvées devant un bon jeu vidéo (forcément,
si vous n'aimez pas ça non plus.) ?
Le
premier Matrix
annonçait pourtant clairement la couleur de la trilogie :
réinvestir les codes de l'informatique et du ludo-numérique
pour en faire une sorte de manifeste grand public. Visuellement
euphorisant, le principe trouve sa limite dans les justifications
scénaristiques de l'ensemble.
La scène de "l'explication finale", notamment, en laissera malheureusement
pas mal sur la touche : les non rompus au Neuromancien de William
Gibson, au manga Lain de Nakamura ou aux thèses du philosophe
Manuel De Landa. Arf, pour une fois que je me sens plus intelligent
que les mecs de Télérama, j'allais pas me priver.
Plus
sérieusement, l'histoire de Matrix Reloaded comporte moins d'idées
neuves mais relance habilement la série, avec en prime un petit
"syndrome
de Star Wars" : les désaccords stratégiques entre
les survivants humains laissent espérer un troisième volet quasi
géopolitique. Enfin, tout ceci n'est jamais que du cinéma, bien
sûr. Quoique.
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Laurent Camite -
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